Entre l'assassinat de l'ambassadeur d'Italie le 22 février et le dernier carnage survenu le vendredi 26 mars 2021, combien de crimes enregistrés dans l'hinterland iturien et kivutien ? Aveu d'impuissance : difficiles à chiffrer.
De quoi rappeler l'épisode de l'observatoire syrien qui comptabilisait au quotidien les violations commises par l'appareil sécuritaire d'Assad en termes des civils tués. Les médias réputés mondiaux le relayaient avec une sorte de délectation. Et puis, sans avertir qui que ce soit, il va disparaître des radars, la situation dans son pays s'étant normalisée, c'est-à-dire banalisée .
Ce qui se passe à l'Est porte les germes de la banalisation. Et tout germe produit son genre. Celui de la banalisation donne naissance à la résignation, le contraire de la résilience.
Dans les groupes WhatsApp ayant la caractéristique première et permanente d'être consacrés aux problèmes de l'Est, l'impression à se dégager le plus est celle de la banalisation de l'insécurité, donc de la normalisation de la résignation. C'est rare, en effet, d’y voir une réflexion susceptible de galvaniser l'opinion contre l'ennemi connu.
On contraire, priorité est donnée à la diabolisation des autorités nationales et, évidemment, à l'appareil sécuritaire (Armée, Police et Renseignements) et judiciaire nationaux.
Les leaders du Kivu et de l'Ituri agissent comme si la question sécuritaire ne relève que de la responsabilité de Kinshasa. Ainsi, 24/24, est pointé du doigt accusateur aujourd'hui Félix Tshisekedi, hier Joseph Kabila, demain le président de la République qui sera en fonction.
L'amalgame observé autour de la proclamation du deuil national en mémoire du Chef d'État tanzanien John Magafuli en est l'exemple.
Félix Tshisekedi a-t-il pris le pouvoir pour en finir avec la guerre à l'Est ? Naturellement OUI. A l'instar, d'abord, de tous les candidats à la présidentielle, aux législatives et aux provinciales du 30 décembre 2018, les deux dernières concernant ceux de l'hinterland kivuto-iturien. A l'instar aussi de tous les candidats des pays engagés dans des opérations militaires de par le monde.
Chacun, cependant, a sa méthode et en fonction de la configuration en place.
Mais, toutes les guerres - classiques ou non - ont le même modus operandi pour être gagnées : la complicité , pardon que dis-je ?, la participation de la population aux côtés des forces gouvernementales. Car, sans ce rapprochement, la victoire militaire relève du miracle.
Peut-on dire que les Fardc bénéficient-elles totalement et entièrement de cette complicité ?
La réponse est NON !
Comment peut-on alors espérer vaincre l'ennemi lorsque la campagne anti-Fardc, donc anti-Gouvernement, donc anti-Président de la République est menée par des forces politiques et sociales actives via les médias dans l'hinterland concerné ?
Comme si elles n’en avaient pas conscience, d'un côté, ces forces promeuvent le discours d'un régime incapable de résoudre la problématique sécuritaire chez elles, de l'autre, certaines tirent profit des « affaires » de la guerre, comme le relève dans son document intitulé « L’aide humanitaire au grès des prédateurs en RDC » Valentin Migabo Nshurani.
Pendant que ces forces mènent ce sale jeu, Daesh s'y installe confortablement. Les terres qu'elle perd au Moyen Orient, au Proche Orient et ailleurs dans le monde, cette organisation terroriste est en train de les gagner et de les occuper en Afrique, avec pour espace de prédilection le Kivu et l'Ituri, faisant ainsi de cet hinterland le futur théâtre des guerres inter-nationales.
Pendant que ce schéma est en train de se construire sous leurs yeux, tout ce que ces forces trouvent du matin au soir - WhatsApp en témoigne - c'est de présenter la RDC en pays et en Etat incompétents, incapables de résoudre la crise désormais islamisée, crise appelée à durer des décennies pour être résolue.
Fait remarquable : ces forces s'offrent elles-mêmes aux puissances impliquées dans l'insécurité chez elles ! Curieux.
Omer Nsongo die Lema/ Éditorialiste
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