RDC : 30 % des diamants échappent au contrôle de l’État(Rapport)

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Près d’un tiers des diamants extraits en République démocratique du Congo (RDC) quitteraient le pays via des circuits illégaux, privant l’État de recettes fiscales essentielles. C’est ce que révèle un rapport approfondi de l’International Peace Information Service (IPIS), qui dresse un tableau alarmant d’un secteur minier en déclin, miné par la fraude, l’informalité et des décennies de mauvaise gestion.  

La RDC, qui détient 9 % des réserves mondiales de diamants industriels, voit son potentiel économique sapé par des défis structurels. Alors que le pays produisait 30 millions de carats annuels au début des années 2000, sa production officielle est tombée à 8,3 millions de carats en 2023. Cette chute s’explique par l’effondrement de la MIBA (Société Minière de Bakwanga), autrefois fleuron national, et par le ralentissement de l’exploitation artisanale, qui fournit 60 à 80 % des diamants exportés.  

Le rapport souligne que les statistiques officielles sous-estiment largement la réalité. La contrebande vers des pays comme les Émirats arabes unis (devenus la première destination des exportations congolaises), l’Angola ou la République centrafricaine priverait l’État de millions de dollars. Les diamants congolais, faciles à dissimuler, sont souvent mélangés à des pierres étrangères, y compris des "diamants du sang" en provenance de zones de conflit.  

Le système d’évaluation des diamants par le CEEC (Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification) est également pointé du doigt pour des irrégularités répétées. Entre 2004 et 2023, la valeur moyenne des exportations congolaises est passée de 37 % à seulement 9 % de la valeur mondiale, signe d’une sous-déclaration massive.  

Exploitation industrielle : ombres et lueurs d’espoir

La SACIM, principale société minière industrielle depuis 2016, est au cœur des controverses. Accusée de fraude fiscale, de violations des droits humains et de pollution, elle incarne les dérives d’un secteur peu transparent. Pourtant, des efforts récents, comme la création d’un fonds de développement local, tentent d’inverser la tendance.  

Quant à la MIBA, son redressement promis par le président Tshisekedi peine à se concrétiser, faute de financements. Ses vastes concessions, inexploitées, attirent des mineurs artisanaux illégaux, souvent réprimés violemment.  

Le rapport appelle à une gouvernance renforcée, une formalisation du secteur artisanal et un soutien international pour appliquer les normes du Processus de Kimberley. Sans mesures drastiques, le diamant congolais, jadis prometteur, continuera de briller… hors des caisses de l’État.

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