Photo d'illustration
Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de diviser la classe politique et l'opinion publique en République démocratique du Congo. Au milieu de cette controverse, Carbone Beni est sorti de son silence avec des déclarations qui ne laissent personne indifférente. Invité du live Space animé par Stanis Bujakera Tshiamala, l'ancien militant de Filimbi a défendu le droit au débat constitutionnel tout en réaffirmant son opposition à toute tentative de troisième mandat présidentiel.
Face aux critiques sur sa discrétion ces dernières années, Carbone Beni a reconnu que son absence de la scène publique avait pu susciter des interrogatoires. « Les citoyens ont effectivement le droit de demander où est Carbone », at-il admis, dans une rare autocritique. Mais il a tenu à rassurer ceux qui doutent de son engagement, affirmant que ses convictions sur les principes démocratiques n'ont jamais changé.
Abordant la question de la Constitution, l'activiste estime que le sujet est devenu excessivement sensible dans le débat public. Selon lui, évoquer une révision constitutionnelle ou même la possibilité d'une nouvelle République ne devrait pas être considérée comme un tabou. « Vous pensez que vingt ans après, nos enfants utiliseront la même Constitution ? », s'est-il résumé, plaidant pour une analyse rationnelle et dépassionnée de la question.
Toutefois, Carbone Beni a insisté sur une distinction qu'il juge fondamental : un changement de Constitution ne signifie pas automatiquement un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi. À ses yeux, une telle hypothèse nécessiterait notamment une remise en cause de l'article 220 de la Constitution, considérée comme un verrou protégeant certaines dispositions essentielles de la loi fondamentale.
L'une de ses propositions a particulièrement retenu l'attention. Selon lui, si Félix Tshisekedi signait un engagement public de ne pas briguer un nouveau mandat après l'adoption d'une éventuelle nouvelle Constitution, une grande partie des opposants au changement constitutionnel pourrait examiner le projet avec davantage d'objectivité. Une sortie qui risque d'alimenter encore davantage les débats dans un contexte politique déjà fortement polarisé.
Malgré son ouverture à la discussion sur la réforme constitutionnelle, Carbone Beni s'est montré inflexible sur les principes démocratiques. « J'ai combattu les glissements hier, je les combattrai aujourd'hui et à jamais », at-il déclaré. Dans la même veine, il a affirmé son opposition constante à toute tentative de troisième mandat ainsi qu'à toute forme de répression politique.
Ces déclarations marquent le retour remarqué d'une figure emblématique de la société civile congolaise dans un débat devenu central pour l'avenir politique du pays. Entre ouverture au dialogue constitutionnel et refus catégorique de toute prolongation du pouvoir par des voies détournées, Carbone Beni tente de tracer une ligne médiane qui ne manquera pas de susciter des réactions et des controverses.
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