Pérou : la présidente Boluarte visée par une plainte au Congrès pour la mort de manifestants

La présidente Boluarte visée par une plainte. Ph de tiers


La crise politico-judiciaire se poursuit au Pérou, après que la procureure générale a porté plainte pour homicide présumé contre la présidente du pays Dina Boluarte. La plainte « constitutionnelle » a été déposée devant le Congrès et Dina Boluarte est désormais visée pour son rôle dans la répression des manifestations de fin 2022. La présidente récuse les accusations et parle d'une « manœuvre politique ».

Dina Boluarte est arrivée au pouvoir en décembre 2022, après la destitution du président de gauche Pedro Castillo. La transition ne s'est pas faite en douceur : pendant plusieurs semaines, il y a eu des manifestations pro-Castillo au cours desquelles environs 50 personnes sont mortes, selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH).

« Je vous informe que j'ai déposé une plainte constitutionnelle devant le Congrès de la République contre Dina Boluarte, présidente de la République, et Luis Alberto Otárola », le Premier ministre, a déclaré la procureure générale Patricia Benavides dans une allocution télévisée. D'après cette dernière, « La mort d'un homme ou d'une femme péruvienne ne doit pas être autorisée, ni aucun abus de pouvoir ». L'accusation contre Dina Boluarte pourrait lui coûter son mandat.

La présidente de son côté a contre-attaqué et dénoncé « une manœuvre politique » qui « vise à détourner l'attention d'une plainte très sérieuse contre la procureure ». Patricia Benavides est accusée de corruption par une équipe de magistrats, qui l’accusent d'avoir mis en place un réseau criminel au sommet du parquet. À l'aide de ce réseau, elle aurait organisé un trafic d'influence auprès du Congrès pour obtenir certaines faveurs politiques.

Pour l'instant, Patricia Benavides refuse de quitter son poste et a également dénoncé le fait que ses collègues cherchent à salir son intégrité. Une position difficilement tenable, selon la presse péruvienne qui appelle la procureure générale à démissionner.

La plainte ouvre un processus parlementaire qui pourrait prendre trois mois

En janvier, le parquet péruvien avait déjà ouvert une enquête pour « génocide, homicide et blessures graves » contre Dina Boluarte pour son rôle dans la répression des manifestations, mais la présidente jouit de l'immunité jusqu'à la fin de son mandat en 2026. En septembre, la présidente a comparu devant les procureurs pour la troisième fois.

Mais cette plainte devant le Congrès vient entamer un processus parlementaire, qui pourrait prendre jusqu'à trois mois. Il est nécessaire avant que le Congrès puisse se prononcer sur la plainte elle-même contre la présidente.

Avec AFP et RFI

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