Nord-Kivu : voici comment les M23 se font de l'argent [Exclusif]

Illustration


La route Goma-Butembo via Kibumba, Rutshuru n'est plus fréquentée par les voitures et autres véhicules qui favorisent de liaison entre Goma et la partie nord de la province. Et ce, depuis l'occupation des entités du territoire de Rutshuru dont Kiwanja par ces terroristes du M23 soutenus par le Rwanda.

Les conducteurs et autres usagers de la route ont déjà opté pour une autre option pour arriver à faire cette liaison entre la ville de Goma et la partie nord. En quittant Butembo pour Goma, ces derniers empruntent le chemin de Kanyabayonga, Kikuku, Nyanzale, Mweso, Kitshanga puis Saké.

Mille défis, deux catégories des victimes ?

Cette option qui favorise de liaison entre Goma et le reste de la province n'est pas totalement rose.

Outre le long trajet, les passagers, propriétaires et/ou conducteurs des voitures et véhicules sont contraints de payer plusieurs taxes sur 10 barrières dont 7 appartiennent aux rebelles du M23 et 1 à l'armée régulière et 2 à des civils non autrement identifiés.

Après avoir quitté Kanyabayonga, les conducteurs prennent la direction de Kikuku en passant par Mirangi.

Et ce, en se dirigeant dans la capitale du Nord-Kivu. Il faut au-moins deux jours de voyage pour arriver à la destination. Le reporter d'Election-net.com a pris ce risque de voyager à bord d'une voiture appelée en swahili du milieu ''ya leoleo'' (pour dire en français, la voiture qui va arriver aujourd'hui même), il a vécu le calvaire auquel font face les voyageurs et conducteurs des voitures et autres véhicules.

Un voyage nocturne dans une Zone insécurisée

Les conducteurs de ces voitures appelées yaleoleo ne voyagent plus matinalement comme c'était le cas dans le passé. Aujourd'hui l'heure du voyage dépend de l'arrivée des passagers. La voiture qui a fait voyager le reporter d'Election-net.com a quitté Butembo le dimanche 2 Juin 2023 à 11h10 pour arriver à Kanyabayonga à 18h00.

Après au-moins une heure de pause, surtout que le chauffeur de ladite voiture ne voulait pas poursuivre le voyage seul comme c'était déjà à la tombée de la nuit, il a été dit aux passagers de monter dans la voiture. 19h03, ça été la poursuite du voyage, direction Nyanzale en passant par Kikuku. La nuit n'a pas été une excuse pour ces chauffeurs de ne pas continuer le trajet, surtout qu'ils voulaient s'arrêter là qu'ils estiment être proche de Goma. À 1h00, les voitures se sont retrouvées à Nyanzale, (encore loin de Goma qui est la destination finale). Chauffeurs et passagers, tous ont décidé de passer dans cette entité située dans le territoire de Rutshuru, chefferie de Bwito.

Après un repos sporadique de 3 heures, c'est-à-dire à 5 heures du matin, ils ont poursuivi le voyage, en passant par Mweso, Kitshanga, Kingi et Saké pour se retrouver à Goma vers 15h.

Ce nouveau moyen pour le M23 à se faire de l'argent

Ils se font vraiment de l'argent ces deniers temps, sur les six premières barrières, chaque passager est contraint de payer 1000 franc congolais. Et à la septième barrière, les hommes payent 5000 francs congolais, et les femmes 3000 francs congolais. Toutes ces sept barrières sont gérées par les M23. ''Les uns sont en tenue militaire similaire en celle des FARDC, d'autres en tenue civile, tous armés et s'expriment en Kinyarwanda'', a constaté le reporter d'Election-net.com

La huitième barrière est la première qui est gérée par les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), elle est située au nord de la cité de Saké. À ce niveau, tous les passagers sont aussi contraints de payer chacun 1000 Francs congolais.

Une neuvième barrière se retrouve en pleine citée de Saké, près du marché. À ce niveau, chaque passager est contraint de payer mille francs congolais. Et ce, après avoir exhibé sa carte d'électeur. Ceux-là qui font payer cette somme d'argent sont tous en tenue civile, ce qui nous amène à dire qu'ils seraient des civils.

Enfin, la dixième barrière, celle de Mubambiro, à ce niveau là, les 1000 Francs congolais exigés à chaque passager sont appelés IMPÔT. Ce qui étonne dans cette perception, aucun reçu n'est remis au passager, et celui qui extorque la paisible population en recevant ces 1000 Francs congolais n'avait aucun cahier dans ses mains pour enregistrer chaque entrée. ce qui a amené un des passagers de conclure qu'il s'agit d'un IMPÔT IMAGINAIRE qui entre dans des poches des individus plutôt que d'être canalisé dans le trésor public.

Il faut noter que les chauffeurs et/ou propriétaires des voitures et véhicules sont aussi victimes de ces mêmes tracasseries, un d'eux sous anonymat a fait savoir au reporter d'Election-net.com qu'ils consomment au-moins 200 dollars y compris le coût du carburant à ces multiples barrières.

Powered by Froala Editor


Post Tags



leave a reply

For post a comment you need to login your account. Login Now

Comments