Nord-Kivu : Un ancien gouverneur favorable à la scission de la province


Eugène Serufuli Ngayabaseka, ancien gouverneur du Nord-Kivu et président du parti politique UCP réveille pour une autre fois les démons de la scission de la province.

Au cours d'un échange accordé à nos confrères LesCoulisses, cet ancien cadre du rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) revient sur la situation du dimanche 25 octobre 2020, où les jeunes de deux communautés Hutu et Nande se sont affrontés avec des armes blanches à Kiwanja dans le territoire de Rutshuru, situation qui a occasionné des morts et des blessés.

L'élu de Rutshuru a expliqué que pour trouver solution aux tensions récurrentes entre Hutu et Nande dans les différentes entités en République démocratique du Congo et particulièrement à Rutshuru, il faut passer à la scission de la province.

« Dans sa configuration actuelle, le Nord-Kivu a besoin d’être découpé, d’être scindé pour permettre l’éclosion de deux cadres propices, mieux de deux entités quasi indépendantes qui s’imposent d’elles-mêmes : le Grand Nord et le Grand Sud », a dit Eugène Serufuli Ngayabaseka

En outre, il a souligné qu'à la tête de la province, il existe une gouvernance compliquée avec une mentalité de la majorité qui ne favorise pas, selon lui, le climat de coexistence pacifique.

« Les antagonismes entre communautés sont à la base des conflits interethniques qui déchirent la province. Pour que les Hutu et les Nande s’entendent, il faut régler le problème de la gouvernance de la province », a dit Eugène Serufuli.

En revenant sur ce qui s'est passé à Kiwanja, ce dernier souligne que ''si nos frères savent qu’il y a une gouvernance qu’ils ne contrôlent pas, ils pourraient être modérés et coopérer avec la gouvernance de Goma. S’ils savent que le gouverneur n’est pas le leur, ils réfléchiraient par deux fois avant de poser de tels actes », déclare t- il.

Carly Nzanzu Kasivita est-il complice ? 

Eugène Serufuli dénonce une passivité de Carly Nzanzu Kasivita dans ce conflit qui perdure entre les hutu et les Nandes.

''Gouvernance compliquée parce que certaines personnes croient, une fois qu’un des leurs y accède à la tête de la province, que tout leur est permis. Malheureusement, l’autorité provinciale laisse faire. Ce qui empêche de renforcer l’autorité de l’État pour plus de sécurité, de protection de tous et de convivialité'', a-t-il fait savoir.

Et d'ajouter : « La solution, c’est diviser la province et trouver une capitale pour Beni et Lubero. Ce qui baisserait sensiblement les tensions et permettrait de donner aux autres communautés le temps de s’épanouir ». 

Enfin, il a noté que pour vaincre l'intolérance innée, il faut avoir le courage politique, qui pourra aboutir à une séparation de deux communautés ''antagonistes'' :

« Il faut avoir le courage politique pour vaincre l’intolérance innée. Que nos frères règnent sur la partie où ils seront seuls et qu’ils laissent les autres communautés s’épanouir comme ils ne veulent pas partager avec les autres », a-t-il conclu.

Prince Bagheni, à Goma


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