Nord-Kivu : Kongo Mwinda plaide pour un espace numérique sûr

Zaina Bwale Godlive de Kongo Mwinda en train d'enseigner sur la sécurité numérique. Ph de tiers


À l’occasion de la campagne de 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (VBG), l'organisation Kongo Mwinda a lancé un cri d’alarme face à l’amplification des violences facilitées par la technologie (VBGFT) à Goma au Nord-Kivu.

Dans un communiqué exploité par Election-net.com ce lundi 1 décembre 2025, cette dynamique des femmes leaders rappelle les statistiques présentées par l’UNFPA qui, selon elle sont alarmantes. ''Près de 60 % des femmes et filles victimes de VBG dans la région sont affectées par des violences numériques. Face aux deepfakes, arnaques et harcèlements, diffusion non consenties d’images, chantage numerique, arnaques affective ou économique, propagation des stéréotypes;…de nombreuses jeunes filles talentueuses se retirent des réseaux sociaux et certaines se sentent exclues'', a rappelé Zaina Bwale Godlive, coordonnatrice de Kongo Mwinda.


Certains témoignages vécus au sein de Kongo Mwinda ont été rappelés dans ce communiqué. Et ce, dans l'optique d'exiger l’application intégrante des sanctions détaillées dans L'Ordonnance-Loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique en RDC.

« L’année dernière nous avions organisé un webinaire sur Google, c’était à l’occasion de la journée internationale de l’hygiène menstruelle, les participant(e)s étaient 99% féminin, en pleine activité c'est là que l’une des intervenantes demandera à l’organisatrice et/ou hôte du meet de retirer une personne de la réunion(cette dernière était dans le noir et le peu de lumière que son téléphone lui procurait, servait de montrer comment elle se masturbait, frustré(e)s on l’a retirée mais elle est revenue avec 3 autres comptes différents; après avoir compris c’était la même personne, on l’a retirée de nouveau et on n'avait plus donné accès aux autres personnes retardataires rejoindre le webinaire qui était qu’à sa première intervenante et nos objectifs liés au nombre de participantes n’avaient donc pas été atteints», peut-on lire dans ce communiqué.

Kongo Mwinda a réitéré, en outre, son engagement dans l’inclusion numérique des jeunes filles, tout en dénonçant les violences numériques constituant un frein majeur au développement.

« L’espace numérique qui devrait être considéré comme un outil d'émancipation, accordant plusieurs opportunités aux uns et aux autres est devenu une zone de non-droit, d’exclusion indirecte c'est-à-dire par tous les mots ou violences y constaté(e)s ; Nous appelons les médias, les influenceurs et la communauté à se mobiliser de toute urgence pour mettre fin à cette épidémie numérique en dénonçant ceux qui en sont commanditaires », a indiqué Zaïna Bwale Godlive.

Enfin, Kongo Mwinda a rappellé que le Code du numérique de la République Démocratique du Congo prévoit des sanctions sévères allant jusqu’à cinq ans de prison pour cyberharcèlement, (Article 175), tout en demandant l’application effective de ces lois, afin de protéger les victimes.

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