Joseph Kabila Kabange et Yoweri Kaguta Museveni
Il y a quelques jours, le Président Yoweri Museveni a déclaré à Reuters que Joseph Kabila avait autorisé les ADF à établir de grands camps et également à extraire de l’or et à vendre du bois pour financer leurs actions.
L’ancien Président de la République Joseph Kabila a réagi ce mardi 18 juillet 2023, à travers un communiqué, aux accusations du Président ougandais Yoweri Museveni, selon lesquelles il aurait donné refuge aux rebelles islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF).
Pour le sénateur à vie Joseph Kabila, ces accusations de Yoweri Kaguta Museveni constituent une tentative de semer la confusion entre congolais.
« Les fausses accusations gratuites du président Museveni, qui est l’un des principaux déstabilisateurs de la région, sont tout simplement ridicules et visent à distraire le peuple congolais et à le diviser », a-t-il estimé dans un communiqué à Reuters.
En son temps, le président honoraire de la RDC a reconnu les ADF comme organisation terroriste, s’en est pris, dans ce même communiqué, à la communauté internationale ainsi qu’aux Nations Unies pour avoir « rejeté cette qualification du gouvernement congolais ».
D'où viennent les rebelles ougandais ADF ?
À l'origine, les Forces démocratiques alliées sont une coalition de groupes armés ougandais, dont le plus important était composé de musulmans, opposés au président ougandais Yoweri Museveni (président de la république d'Ouganda depuis 1986).
Historiquement, cette rébellion tire sa lointaine inspiration de la secte Tabligh, née au début du XXe sièce dans une Inde sous domination britannique, rappelle le Groupe d'Etude sur le Congo (GEC) dans un rapport publié en novembre 2018. Les premiers membres des ADF appartenaient à cette secte, qui en Ouganda est parfois associée à un courant salafiste. Le chef des ADF Jamil Mukulu est né chrétien, se convertit à l'Islam, part étudier en Arabie saoudite à Ryad d'où il revient avec une vision militante de l'Islam. Il sera arrêté et emprisonné avec d'autres lors des luttes de pouvoir pour le contrôle des musulmans en Ouganda.
Pourquoi les ADF sont-ils implantés à l'est de la RDC ?
Après sa libération en 1994, Mukulu s'enfuit au Kenya tandis qu'un autre dirigeant de son mouvement, Yusuf Kabanda, part vers l'est du Congo où il s'allie avec un groupe rebelle laïc ougandais, l'Armée nationale pour la libération de l'Ouganda, NALU.
À l'est du Congo alors appelé Zaïre, l'alliance rebelle ougandaise ADF-NALU œuvre pour le maréchal congolais Mobutu contre un ennemi commun, le président ougandais Yoweri Museveni.
À la chute de Mobutu en 1996, provoquée en partie par l'intervention de l'armée ougandaise, les rebelles ADF-NALU fuient et trouvent refuge dans les savanes autour de Beni au Nord-Kivu.
Implantés sur le territoire de Beni à l'est de la République démocratique du Congo, les ADF-NALU s'implantent localement et mènent des raids contre l'Ouganda.
Dans les années 2000, les ADF perdent leur allié NALU démobilisé. Le groupe se radicalise et devient plus agressif contre les populations locales alors qu'il fait aux offensives des Forces armées congolaises. En représailles, les ADF commettent à partir d'octobre 2014 une série d'horribles massacres contre la population locale, rappelle le rapport du GEC, et plus de 500 personnes ont été massacrées dans le Territoire de Beni entre octobre 2014 et décembre 2016.
À la suite de l'arrestation de Jamil Mukulu en 2015, un nouveau chef le remplace, Musa Seka Baluku. En 2019, les ADF prêtent allégeance à l'organisation État islamique qui revendique les attentats en désignant le groupe comme sa "Province d'Afrique centrale".
À l'est de la RDC, les ADF sévissent dans les provinces du Nord-Kivu ainsi que de l'Ituri frontalières de l'Ouganda et sont accusés d'avoir massacré des milliers de personnes.
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