Manifestation sanglante à Goma : cette demande de Claudel Lubaya à Félix Tshisekedi

Claudel Lubaya André. Ph de tiers


Dans un communiqué rendu public mercredi 30 août 2023 par le porte-parole du Gouverneur militaire du Nord-Kivu, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ont indiqué qu'elles ont indiqué avoir arrêté 158 membres de la secte mystico-religieuse du prophète Bisimwa Ephraim qui, selon le même communiqué, ces adeptes de la secte Wazalendo auraient prémédité et semé le chaos à Goma dans la nuit du mercredi 30 août avec comme revendication le départ de la MONUSCO, de la Force Régionale de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est ainsi que tous les occidentaux y compris leurs ONG.

Il ressort de ce communiqué que six personnes dans les rangs des manifestants, qualifiés de fauteurs des troubles jouant le jeu de l’agresseur M23/RDF ont trouvé la mort, et un policier a été lapidé.

Réagissant à cette situation, le député national Claudel Lubaya André fait certaines observations et demande Félix Antoine Tshisekedi de diligenter dans l'urgence une enquête sérieuse.

''Quelles qu’aient été les revendications des manifestants de la secte mystico-religieuse UZALENDO, qui n’est pas à confondre avec la milice WAZALENDO groupe armé, aucune raison ni aucune loi n’autorise les forces de défense de la RDC de commettre un carnage sous le prétexte de réprimer ceux qui, d’après le communiqué officiel, auraient voulu faire le jeu de l’ennemi. Il s’agit, de la part des forces de défense et de sécurité, d’une réponse inappropriée et une réaction disproportionnée, constitutive d’un crime de sang contre des manifestants'', s'est-il interrogé.

Et de poursuivre :

''Est-il encore nécessaire de rappeler les termes de l’article 16 de la Constitution qui dispose que « la personne humaine est sacrée. L’État a l’obligation de la respecter et de la protéger » ?

En intervenant de manière aussi brutale que disproportionnée contre des citoyens non armés, les militaires auteurs des actes qui ont conduit à la mort ont violé les dispositions de l’article 61, alinéas 1 et 7 de la Constitution qui dispose : 

"En aucun cas, et même lorsque l’état de siège ou l’état d’urgence aura été proclamé conformément aux articles 85 et 86 de la présente Constitution, il ne peut être dérogé aux droits et principes fondamentaux énumérés ci-après : 1. le droit à la vie ; 2. la liberté de pensée, de conscience et de religion ", rappelle-t-il.

Ce député national indique par ailleurs ''qu'il s’agit donc, au vu des images qui circulent et que ne conteste aucune source officielle, d’un crime de sang, un crime d’État, délibérément commis par des agents publics et publiquement assumé par l’autorité provinciale à travers son communiqué. Il jette de l’opprobre sur le gouvernement de la République et appelle de sa part une action urgente pour que des sanctions les plus sévères soient infligées aux auteurs, coauteurs et commanditaires de ce massacre ainsi qu'à des poursuites judiciaires afin de prévenir toute récidive''

''Autant je condamne ces violences insoutenables, autant j’invite le Président de la République, en attendant l’enquête, à prendre de toute urgence, des mesures conservatoires à l’endroit du Gouverneur militaire du Nord Kivu. Et ça sera justice'', a-t-il chuté.

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