Les réactions se multiplient à Kindu chef-lieu de la province du Maniema après la déchéance par l'Assemblée provinciale, du gouverneur de cette région minière issue du découpage du grand Kivu.
Acteurs politiques locaux, ceux de la société civile et, même le commun des mortels, chacun commentent de sa façon ce fait qui tient en haleine les Maniemiens.
Situation politique préoccupante
C'est dans ce contexte que le coordonnateur provincial de la Nouvelle Société Civile Congolaise, a lors d'une interview avec à election-net.com ce dimanche décortiqué la situation politique de l'heure dans cette province.
Pour Mukubwa Kastaime Mputu, "la situation politique du Maniema est préoccupante", parceque les deux institutions qui dirigent la province, qui sont l'Assemblée provinciale et le gouvernement provincial, sont "à coûteux tirés".
Vote précipité
Cependant, cet activiste des droits de l'homme, estime les députés ont agi dans la précipitation, en votant pour la déchéance du gouverneur, sans écouter ce dernier.
"Je sais que l'exercice démocratique demande à ce que les députés puissent agir par cinq(5) actions qui sont des actions de contrôle parlementaire, mais cette fois-là, nous avons vu que les députés ont agi à leur manière par motion de défiance contre le gouverneur de province et, ce dernier est en déplacement", dit-il, avant de renchérir :
"(…) Pour nous la Nouvelle Société Civile, nous avons vu qu'ils étaient trop pressés. C'est comme s'ils avaient un agenda autre que l'agenda démocratique. Parceque en hommes d'État, ils devraient être tellement patients, attendre l'arrivée du gouverneur pour qu'il se justifie , après sa justification, alors là, il pouvait voter. Une motion de défiance votée à l'absence du gouverneur, donne au contraire au gouverneur toutes les capacités d'attaquer cette motion en justice".
Des réactions après vote
Par ailleurs, il condamne le comportement de certains députés provinciaux qui avaient organisé après la plénière du mercredi 11 novembre dernier ayant abouti à l'éjection du gouverneur de son fauteuil, des caravanes motorisées avec leurs sympathisants, scandant des chants hostiles à l'encontre d'Auguy Musafiri Nkola Mioma.
"(…) Ce qui est marrant et, ce qui nous fait très mal au cœur, après la déchéance du gouverneur, ce qui s'est passé, ce que nous avons vu sur les réseaux sociaux, comment les députés ont défilé dans la ville avec des chansons obscènes, cela montre à suffisance que ce n'était pas la déchéance politique qu'on cherchait, mais c'était autre chose. Or, nous n'avons besoin de l'élégance politique. Qu'ils se comportent en hommes d'État, en des personnes responsables que se comporter de cette manière là", a-t-il poursuivi.
Anéantir les deux premières institutions politiques provinciales
Au regard de cette situation, il souligne que les deux premières institutions politiques provinciales ont cessé de travailler pour l'intérêt de la population, en privilégiant selon lui, "les intérêts égoïstes". D'où sa demande au Chef de l'État de les "anéantir", toutes deux.
"À la Nouvelle Société Civile, ce que nous allons demander au Chef de l'État, c'est d'anéantir les deux institutions de la province. C'est-à-dire, dissoudre l'Assemblée provinciale et, aussi déchoir le gouvernement provincial pour organiser d'une manière anticipée les élections dans la province du Maniema, parceque les deux institutions ne valent plus la peine jusqu'au jour d'aujourd'hui", déclare-t-il, avant d'ajouter :
"Nous voyons que nous sommes bloqués, la province est complètement pour des intérêts égoïstes. Dans tout ce qu'ils sont en train de faire, que ça soit l'Assemblée provinciale, que ça soit le gouverneur, ce n'est pas pour l'intérêt du Maniema, c'est pour détruire le Maniema. Ils ont un agenda caché pour détruire le Maniema. C'est pourquoi nous sommes dans l'obligation citoyenne de demander non seulement la dissolution mais aussi la déchéance", a-t-il chuté.
Kilikumbi Lusumbasumba Isaack , à Kindu
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