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L'organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme " Haki Za Binadamu - Maniema", (HBM), traduit en français " Droits des Hommes-Maniema", alerte sur la situation des personnes privées de liberté pendant cette période de crise sanitaire liée à la pandémie du Coronavirus. Cette alerte est contenue dans son communiqué de presse N° HBM/PSDT/019/2020 du 15 juin dernier, consulté par election-net.com.

Selon cette structure, la situation de ces personnes est très préoccupante dans les prisons et lieux de détention de la RD Congo, en général et dans la Province du Maniema, en particulier. En sus, cette Ongdh dit craindre que la plupart de mesures décrétées dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire en République Démocratique du Congo à cause de la pandémie de la Covid-19 puissent être inopérantes dans les prisons, notamment en raison d'infrastructures vétustes dénuées de facilités hygiéniques appropriées pour le lavage des mains, de la surpopulation carcérale et de l'insuffisance des moyens sanitaires mis à la disposition des établissements pénitentiaires en vue de répondre efficacement à l'apparition de cas de Covid-19 en leur sein.

En effet, cette Ongdh identifie la surpopulation comme étant le premier risque de propagation de la maladie de Coronavirus en milieu carcéral dans le pays. Dans cette optique, elle indique que la Prison centrale de Kindu et les cachots ou cellules de détention connaissent une surpopulation.

" (…) À Kindu, chef-lieu de la Province du Maniema, la Prison centrale qui était construite en 1938 pour une capacité d'accueil de 150 places, compte aujourd'hui plus de 435 pensionnaires, soit 290%. Les cachots ou cellules de détention mesurant moins de 3 mètres carrés, tenus par la Police Nationale accueillent parfois plus de 20 détenus", dénonce cette Ongdh. Et de renchérir : " La promiscuité qui facilitait déjà la transmission de plusieurs maladies contentieuses, dont la tuberculose, pourrait faciliter la propagation de la Covid-19. Or, parmi les mesures barrières et de distanciation prises par le pays, il y a, entre autre l'interdiction de tous les rassemblements, réunions, célébrations, etc. de plus de 20 personnes sur les lieux publics". À celle-ci, s'ajoutent " les coupures d'eau et d'électricité, la faible aération et ventilation au sein des cellules sont autant de facteurs qui font penser que les lieux de détention sont hautement vulnérables", dit Haki Za Binadamu-Maniema.

Par ailleurs, elle se félicite des mesures d'interdiction des visites prises dernièrement par le Gouvernement Provincial et la Division Provinciale de la Justice dans toutes les prisons de la Province du Maniema en vue de limiter les risques de contamination par les membres des familles des détenus. Elle déplore cependant le fait que ces mesures ne prévoient pas un espace de confinement, de séparation ou de dépistage pour les nouveaux détenus déférés pendant cette période.

C'est ainsi que cette Ongdh estime qu'il y a urgence d'agir immédiatement pour préserver la vie des détenus, du personnel pénitentiaire, de leurs familles et plus largement de toute la société. Pour ce faire, elle formule plusieurs recommandations notamment au Chef de l'État et aux gouvernements central et provincial, aux Parquets et Juridictions de la du Maniema, à la Commission Nationale des Droits de l'Homme et aux Responsables d'établissements pénitentiaires. Au Chef de l'État et aux gouvernements central et provincial par exemple, elle recommande de : " Prendre urgemment des mesures de décongestion des prisons ; doter les établissements pénitentiaires de moyens financiers et d'approvisionnements en eau et au savon ; doter les prisons des équipements nécessaires pour dépister les cas de personnes contaminées au Coronavirus ; rendre effectif le diagnostic médical systématique dès l'entrée en prison.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu

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