Mambasa : un centre de traitement d'Ebola incendié, un policier tué et des malades en fuite

Photo d'illustration



La riposte contre Ebola vient de subir un revers sérieux dans le territoire de Mambasa, en province de l'Ituri. Le mardi 30 juin, des habitants de Bafwabango, sur l'axe Nia-Nia–Isiro, ont incendié le centre de traitement d'Ebola, tué un policier, détruit des médicaments et provoqué la fuite de deux patients testés positifs au virus ainsi que de plusieurs cas suspects.

Selon le chef du groupement Ngayo, Alexis Mungaki, la violence a éclaté lorsque des habitants se sont opposés à l'inhumation sécurisée d'une personne décédée avec des symptômes compatibles avec Ebola. La situation s'est rapidement dégénérée : le personnel médical et les équipes de la Croix-Rouge ont dû abandonner les lieux pour échapper à la colère de la foule.

Le bilan est lourd. Un policier a été tué puis son corps incendié. Deux malades confirmés et sept cas suspects ont pris la fuite, ce qui augmente considérablement le risque de propagation du virus, a indiqué le médecin-chef de la zone de santé de Nia-Nia.

Le chef du groupement dénonce une campagne de désinformation qui alimente la méfiance envers les équipes de riposte.

« Des dirigeants racontent à la population que c'est l'État qui a créé Ebola. Depuis plusieurs jours, nous enregistrons déjà plus de dix décès à PK51. Aujourd'hui, le Centre de santé Juhudi est occupé par la population et aucune force de sécurité n'est présente », at-il déclaré.

Plus inquiétant encore, après avoir dispersé les agents humanitaires, des jeunes ont transporté le corps de la victime à travers le village, un acte qui expose davantage la communauté à une éventuelle contamination.

Alexis Mungaki pointe également du doigt des individus venus du Nord-Kivu, qu'il accuse d'encourager la population à saboter les opérations de riposte contre Ebola.

« Je suis en colère. La maladie tue nos populations, mais nous avons choisi de brûler le centre de traitement. Au final, ce sont encore les habitants qui paieront le prix de ces actes », regrette-t-il.

Cette attaque intervient alors que l’épidémie continue de faire des ravages. À ce jour, 377 personnes ont perdu la vie, 1 300 cas ont été confirmés, 615 patients sont encore hospitalisés ou en isolement, tandis que 180 personnes ont été déclarées guéries.

L'incendie du centre de traitement, la fuite de patients infectés et la désinformation qui alimente la défiance risquent désormais de nuire aux efforts engagés pour contenir cette épidémie meurtrière.

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