Lubumbashi : les OSC africaines montent au front sur les minerais verts

Les membres de la CAMV à l'atelier de Lubumbashi


La ville de Lubumbashi, capitale provinciale du Haut-Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a accueilli du 09 au 10 juin 2025 l’atelier fondateur d’une coalition de la société civile pour une transition énergétique équitable.  


La Coalition Africaine sur les Minerais Verts (CAMV) a tenu, du 9 au 10 juin, un atelier décisif à Lubumbashi (RDC) en vue d’adopter ses textes de gouvernance et de structurer son comité de pilotage. Réunissant des organisations de la société civile venues de dix pays africains dont la RDC, Zambie, Afrique du Sud, Mali, Ghana, Cameroun, Madagascar, Guinée Conakry, Sénégal, Zimbabwe, sa mission est de « militer pour une production minière juste, inclusive et pacifique, qui protège l’environnement et les droits des communautés », résume un membre du comité de pilotage. Cette initiative panafricaine ambitionne de peser sur l’exploitation des minerais stratégiques pour la transition énergétique.  

Lancée en 2023 et concrétisée en  2024 par une commission ad hoc mise en place pour commenter et valider les textes constitutifs avant leur adoption par l'assemblée générale à l'issue de l'atelier du 09 au 10 juin 2025 à Lubumbashi, ayant abouti à l'institution d'un comité de pilotage provisoire, la CAMV se fixe un objectif clair : garantir une exploitation minière "juste, inclusive et écologique" face à la ruée mondiale vers le cobalt, le lithium ou le cuivre. "Nous militons pour que ces minerais profitent aux Africains, dans le respect des communautés et de l’environnement", a déclaré un membre du comité lors de la conférence de presse tenue à l'issue de l'atelier.  

Ces assises de Lubumbashi ont permis de valider les textes constitutifs, le plan stratégique et un mécanisme de financement durable. 

"Nous avons évité la bureaucratie : notre force, c’est notre ancrage local et notre indépendance", a souligné Lamaane Diallo, coordonnateur d’Action Mines Guinée, dans un entretien exclusif avec Election-net.com.

Face aux risques de dépendance aux bailleurs étrangers, la coalition mise sur une autonomie financière. « Nous ne voulons pas concurrencer nos membres, mais mutualiser nos forces », précise Diallo. Un mécanisme de financement équitable a été adopté pour éviter les conflits, ajoute-t-il.

Parmi les priorités :  

- Cartographier les politiques minières nationales et plaider pour des cadres réglementaires stricts.  

- Mobiliser les communautés et surveiller les multinationales.  

- Éviter les divisions via une gestion transparente des fonds.  

Avec ses réserves de cobalt et lithium, la RDC joue un rôle central. L’ONG congolaise Afrewatch, à l’origine de la mobilisation, insiste sur l’union face aux "multinationales bien outillées pour contourner nos lois".  

Le défi majeur reste la faiblesse des gouvernances nationales. "Sans cadre légal solide, l’Afrique sera lésée", alerte Diallo. La coalition compte interpeller les États et les entreprises pour des contrats équitables, tout en cherchant des financements autonomes.  

Les travaux se sont achevés ce mardi avec l’adoption finale des documents, avant un plan d’action opérationnel dès 2026.

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