Le tribunal de grande instance de Lubumbashi a tenu, ce mardi 28 avril 2026, une audience foraine particulièrement attendue dans une affaire aux implications à la fois judiciaires et politiques. Trente-deux militants, affiliés à l'Union des nationalistes et des fédéralistes du Congo (UNAFEC) et au mouvement Agissons pour la République (ARDEV), sont poursuivis pour des faits graves, notamment terrorisme et association de malfaiteurs.
Les faits reprochés aux prévenus remontent à de récents incidents survenus dans la commune de Kenya, connue comme un bastion de certains mouvements politiques locaux. Selon l'accusation, les mis en cause auraient participé à des actes de pillage, de vandalisme et de violences organisées, plongeant la zone dans un climat d'insécurité. Les autorités qualifient ces agissements d'actes de terrorisme et de banditisme urbain structuré, une qualification qui alourdit considérablement les charges retenues.
Lors de l'audience de ce mardi, les débats ont essentiellement porté sur la phase d'identification des accusés. Le ministère public affirme détenir des éléments attestant de l'implication directe des prévenus dans les troubles. La défense, en revanche, conteste vigoureusement ces accusations, dénonçant des arrestations arbitraires survenues dans un contexte de confusion.
Un témoignage jugé déterminant a retenu l'attention : un civil appelé à la barre a déclaré que deux des 32 prévenus n'étaient pas présents lors des violences au moment de leur interpellation. Cette déclaration vient conforter la thèse de la défense, qui réclame un examen rigoureux et individualisé des dossiers afin d'éviter d'éventuelles erreurs judiciaires.
Au-delà de l'aspect judiciaire, ce procès revêt une dimension politique importante. L'UNAFEC et l'ARDEV comptent parmi les structures influentes dans la province du Haut-Katanga. Face à la montée des violences urbaines impliquant des groupes de jeunes affiliés à des formations politiques, les autorités provinciales affichent une position de fermeté afin de restaurer l'ordre public.
L'audience a été suspendue pour permettre la poursuite de l'instruction ainsi que l'audition de nouveaux témoins. En attendant la reprise des débats, les prévenus restent en détention, dans l'attente d'une décision judiciaire qui devra établir les responsabilités individuelles dans les événements survenus au Kenya.
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