Lors de son discours prononcé en présence du président Félix Tshisekedi et d’un parterre d’invités nationaux et internationaux, Christian Bosembe, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), a affirmé que « sous le mandat de Félix Tshisekedi, aucun journaliste n’a été tué, arrêté ou torturé » et qu’« aucune rédaction n’a été saccagée, ni aucune chaîne fermée sur ordre des services ».
Des propos qui ont aussitôt engendrés une vague de réactions croisées sur les réseaux sociaux, où journalistes et défenseurs des droits humains ont rappelé, preuves à l’appui, une toute autre réalité.
Selon le rapport annuel 2023 de Journaliste en danger (JED), plus de 500 atteintes à la liberté de la presse ont été enregistrées au cours du premier mandat de Félix Tshisekedi. Parmi elles, 5 journalistes ont été assassinés, et de nombreux autres ont été arrêtés, menacés, ou violentés, souvent par des agents des forces de sécurité ou des autorités locales.
L’organisation dénonce une situation « préoccupante » où les promesses présidentielles en matière de liberté d’expression peinent à se traduire en actes concrets. Le rapport souligne également l’impunité quasi-totale dont jouissent les auteurs de ces violations.
Alors que Bosembe vante une « presse libre et respectée », les journalistes sur le terrain parlent, eux, d’un climat de peur, de pressions, et de censure déguisée. La contradiction est flagrante, et elle interroge sur le rôle réel du CSAC : organe de régulation indépendant ou caisse de résonance du pouvoir ?
La question reste ouverte...
Powered by Froala Editor
Lire Aussi:
leave a reply