Image d'illustration ©droits tiers
Une ambiance inhabituelle s'observe sur les différents arrêts de transport en commun à Kinshasa depuis l'avènement des cas d'enlèvement constaté ces derniers jours avec une file d'attente des taxis qui attendent les passagers et un afflux massif de passagers qui attendent les taxis motos, drôle d'histoire connaissant l'engouement des passagers à l'heure de pointe.
Guelord [ prénom d'emprunt pour sa sécurité ], 29 ans est chauffeur de ce type de taxi depuis 2019 exerçant la ligne Lemba-Terminus boulevard du 30 juin est parmi ces chauffeurs qui attendent les passagers au rond point Terminus. Nous décidons d'entrer à bord avec d'autres passagers. A l'intérieur du taxi, une dame se fie au chauffeur avec un ton ferme en lingala, [ tala nga ] entendez " regarde moi, avec son téléphone elle prend la photo du chauffeur qu'elle envoi à ses proches ainsi qu'à ses contacts, elle descend et prend le numéro de la plaque d'immatriculation ainsi que le numéro d'identification, le chauffeur reste sans mot !
Arriver vers rond-point des Huileries, la dame paie et descend du taxi, c'est le chauffeur qui s'en va à sa suite afin de supprimer ses données prises, la jeune dame refuse tout en indiquant que tout a été envoyé à ses proches, s'en suit un clash et une longue discussion entre les deux. Pour n'est pas perdre le temps, le chauffeur laisse l'affaire et nous revient. Il explique être en insécurité car la passagère risquera de connaître un drame dans le reste de son parcours mais c'est lui qui sera recherché.
" j'aurais aimé qu'elle indique à ses proches qu'elle n'est plus dans mon taxi et qu'elle a empruntée une autre voie, c'était donc mon souhait car là si elle est enlevée de l'autre côté c'est moi qui serais considéré comme kidnappeur, voyez-vous la conséquence ? " déclare-t-il, un avis partagé par les restes des passagers.
En sécurité nous sommes arrivés à notre destination sans aucun incident.
Les chauffeurs sont les premières victimes de la situation des enlèvements devenus monnaie courante dans la capitale à cause de leurs collègues qui se sont associés aux criminels voués dans le kidnapping et meurtres des citoyens pour la vente des organes humains, un nouveau business mal orienté.
La plupart des Kinois ont pris la mesure de s'abstenir des taxis Ketch pour éviter de tomber dans les sales draps de ces ravisseurs et tueurs silencieux sans âmes et ont préféré faire usage des motocyclistes par précaution et être seul dessus pour plus d'assurance d'être en sécurité ou le transport en commun à bord d'une Mercedes 207 appelé communément "esprit de mort", même ce dernier n'apporte pas assez d'immunité quand on sait plusieurs cas d'enlèvement dans ces mêmes bus ont été dénoncés dans un récent passé.
Dans les arrêts de transport le constat fait d'une file des taxis IST vides malgré la masse de la clientèle à la recherche d'un moyen de déplacement.
Cette méfiance de la part de ceux déjà habitués à faire usage des voitures basses sous le label de taxis Ketch a créé un manque à gagner pour les propriétaires de ces véhicules bénéficiaires des revenus journaliers comme versement. Même la police de circulation routière bénéficiaire de la manne des chauffeurs que les Kinois appellent ''Mbote ya likasu"(pourboire) en paient les frais .
Pour lutter contre cette insécurité à Kinshasa, des patrouilles mixtes seront organisées ainsi que l’érection des Check-point dans différents coins de la capitale pour traquer les inciviques, décisions prises à l’issue de la réunion du Conseil Provincial de Sécurité présidée par le Gouverneur de Kinshasa Gentiny Ngobila.
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