Les travailleurs congolais dans les magasins tenus par des asiatiques ont organisé une manifestation ce lundi matin à Kinshasa. Motif, exprimer leur ras-le-bol suite au non-respect de l’engagement des autorités à faire appliquer le SMIG.
Les multiples négociations et pressions n’ayant abouti à rien, ces congolais ont décidé de passer à la vitesse supérieure.
Dans leur viseur commerces tenus par les libanais, indiens, pakistanais et les chinois. Selon les organisateurs de cette marche, le salaire minimum interprofessionnel garanti est de 5usd au taux du 1415 Franc congolais tel que relevé dans le décret n°18/017 du 22 Mai 2018, et qui est entré en vigueur depuis janvier 2019. Mais leurs employeurs paient entre 2 et 4 à leur guise.
La marche de protestation est partie du grand marché de Kinshasa jusqu’à l’hôtel de ville. Tout au long de cette procession, ces travailleurs en ont appelé à une implication totale des congolais pour se défaire du joug de ces « expatriés qui s’enrichissent sur le labeur du congolais » ont-ils indiqué.
« Ces gens bafouent toutes les lois du pays, ils ne veulent pas respecter le SMIG…en plus ils nous traitent comme des moutons alors que nous sommes chez nous. La faute incombe à nos autorité qui nous sacrifient à l’avantage des étrangers » a relaté un des organisateurs de cette marche.
Cette marche a pris aussi l’allure d’un carton jaune que le peuple brandit aux autorités pour leur incapacité à faire appliquer leur engagement qui avait mis fin aux mouvements de grèves successives. Et jusqu’à présent, ces travailleurs attendent toujours la matérialisation de l’engagement de ces promesses.
Toute la journée de lundi, les protestataires ont boycotté le service et les magasins sont restés fermés. A l’image de la ville-province de Kinshasa, ce sont les indo-pakistanais, les chinois et les libanais qui détiennent le gros des magasins du secteur agro-alimentaire, vestimentaire et divers. Les travailleurs congolais sont livrés à la solde de leurs patron qui les rémunèrent en pitance de champs de coton parfois sans ration journalière.
Dans la ville de Lubumbashi, ce sont les agents du supermarché « Galaxie », tenu par des pakistanais, qui avaient manifesté le mois dernier contre les conditions de travail en déphasage avec le traitement salariale.
Chris Lumbu
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