Kabund A Kabund fustige les contradictions du pouvoir après le discours sur l'état de la Nation



Kinshasa, 


Au lendemain du discours sur l'état de la Nation prononcé par le président Félix Tshisekedi devant le Parlement réuni en Congrès, l'opposant Jean-Marc Kabund A Kabund a vivement réagi, dénonçant ce qu'il qualifie de « contradictions flagrantes » et de « manquements politiques » dans la gestion du dossier sécuritaire à l'Est de la République démocratique du Congo.


Dans une déclaration largement relayée sur les réseaux sociaux, l'ancien président intérimaire de l'UDPS a évoqué ce qu'il considère comme un revirement spectaculaire de la position officielle du gouvernement sur les négociations avec le Rwanda et le mouvement rebelle M23.


« Une incohérence devenue une méthode de gouvernance »


Kabund rappelle que, jusqu'à ce qu'il y ait peu, le discours officiel affirmait catégoriquement qu'aucune négociation n'aurait lieu avec le président rwandais Paul Kagame ni avec les « supplétifs » du M23. « Hier, c'était : Nous n'allons pas négocier avec Paul Kagame et ses alliés de l'AFC/M23. Cette posture avait été établie en preuve de patriotisme », a-t-il ironisé.


Il estime que la signature récente d'un accord à Washington, sous facilitation américaine, ainsi que les discussions engagées avec les représentants du M23 témoignent d'un changement de cap difficile à justifier. « Comment peut-on, du jour au lendemain, soutenir qu'il n'y aura ni mixage ni brassage, alors qu'on a déjà concédé l'essentiel en acceptant de dialoguer ? », interroge-t-il.


Un rapport de force défavorable ?


Kabund met également en doute la capacité du gouvernement congolais à imposer ses conditions sur le terrain. Selon lui, le rapport de force militaire dans plusieurs zones de Rutshuru et du Masisi reste « largement défavorable » aux Forces armées de la RDC (FARDC), malgré les appuis régionaux et la présence de forces partenaires.


« Comment prétendre dicter quoi que ce soit au M23 quand, sur le terrain, même le cessez-le-feu n'est pas scrupuleusement respecté ? », ajoute l'opposant, dénonçant ce qu'il considère comme un discours « déconnecté des réalités sécuritaires ».


Une critique politique qui s'inscrit dans un climat tendu


Cette sortie intervient dans un contexte de grande sensibilité politique, alors que le gouvernement défend le processus engagé aux États-Unis comme un « pas décisif » vers la désescalade entre Kinshasa et Kigali. Les autorités congolaises affirment que les lignes rouges évoquées par le président, notamment le refus du mixage ou du brassage, visent à préserver la souveraineté et l'intégrité de l'armée nationale.


Kabund, désormais farouche opposant au régime Tshisekedi, estime pour sa part que la succession de messages contradictoires fragilise la crédibilité du gouvernement. « Si le mensonge et la manipulation pouvaient avoir un visage, les Congolais sauraient parfaitement à qui l'associer », conclut-il dans une formule sévère.


Une polémique qui relance le débat sur la communication gouvernementale


La déclaration de Kabund ravive un débat récurrent sur la cohérence de la politique sécuritaire congolaise. Au-delà du ton acerbe de l'opposant, plusieurs analystes estiment que les divergences entre discours politique et dynamique militaire sur le terrain alimentent les frustrations de l'opinion publique.


Pour l’heure, le gouvernement n’a pas réagi à cette critique. Mais dans les rangs de la majorité présidentielle, certains cadres rappellent que la situation sécuritaire « impose des ajustements tactiques » et que les discussions engagées « ne signifient pas renoncement aux principes fondamentaux de la souveraineté nationale ».


Powered by Froala Editor


Post Tags



leave a reply

For post a comment you need to login your account. Login Now

Comments