L’image est forte, le message l’est encore davantage. En foulant le sol de Goma dans la nuit du dimanche 25 mai 2025, Joseph Kabila a surpris tout le monde, jusque dans les cercles du pouvoir à Kinshasa.
Deux jours après une adresse à la nation dans laquelle il dénonçait une “dictature” et la “punition” infligée aux populations de l'Est, l’ancien président de la République a franchi un nouveau pas, celui d’un retour symbolique, mais hautement politique, dans une ville sous occupation rebelle.
Ce geste n’est pas anodin. Il fait écho à une déclaration que Kabila avait faite en 2018 lors d’un entretien au journal Le Monde : « Certains pensent qu'en nous mettant la pression je vais me tirer une balle dans la tête, ils se trompent. » Une phrase qui, à l’époque, traduisait sa volonté de ne pas céder aux injonctions internationales. Aujourd’hui, elle semble résonner comme une réponse aux accusations actuelles de trahison et de collusion avec les forces rebelles du M23/AFC.
Malgré la levée récente de son immunité parlementaire, qui ouvre la voie à de potentielles poursuites judiciaires, Joseph Kabila ne semble ni reculer ni se retrancher. Au contraire, sa démarche vers Goma apparaît comme un acte de défi, voire de reconquête. Il s’inscrit dans une séquence calculée, entre dénonciation du pouvoir central et immersion dans les “zones libérées” du Nord-Kivu.
Les porte-parole du M23/AFC, qui contrôlent aujourd’hui une bonne partie de la région, n’ont pas caché leur satisfaction de voir l’ancien président se rapprocher physiquement et politiquement de leur sphère d’influence. Si aucun lien officiel n’est établi, la simultanéité des événements intrigue, interroge, voire alarme.
Du côté du gouvernement, c’est le silence. Mais les regards sont tournés vers l’Est. Cette arrivée de Kabila à Goma envoie un message clair celui d'un leader qui ne compte pas se retirer de la scène politique. Pire encore pour ses détracteurs, il entend désormais jouer sur un terrain que le pouvoir central peine à maîtriser.
Attendons voir !
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