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En première ligne de la lutte contre la maladie à virus Ebola en Ituri, les équipes de la riposte tirent aujourd'hui la sonnette d'alarme. Dans un mémorandum délivré ce dimanche 5 juillet au gouverneur militaire de la province, ces professionnels de terrain dénoncent une accumulation de difficultés qui, selon eux, risque de fragiliser les efforts déployés pour contenir la 17ᵉ flambée de l'épidémie.
Le principal grief concerne le non-paiement de leurs prestations depuis le début de la riposte. Les signataires affirment poursuivre leurs missions dans des conditions particulièrement éprouvantes, au contact direct des cas suspects et confirmés, sans avoir perçu les indemnités qui leur reviennent.
« Depuis la déclaration de l'épidémie, nous réclamons le paiement de nos prestations régulièrement accomplies. Cette situation nous expose, ainsi que nos familles, à d'importantes difficultés socio-économiques », écrivent-ils.
Les agents estiment également que le montant de leur prime ne correspond ni aux risques encouragés ni à l'intensité du travail accompli. Ils demandent une revalorisation de celle-ci à 76 dollars par jour, ainsi que la suppression de l'Impôt professionnel sur les rémunérations (IPR), définissant qu'il s'agit d'une prime de risque et non d'un salaire.
Au-delà des questions financières, le mémorandum met en lumière un malaise plus profond. Les équipes locales dénoncent un manque de considération à leur égard ainsi qu'envers les autorités provinciales, accusant certains responsables venus de Kinshasa d'adopter une attitude jugée irrespectueuse. Elles regrettent également le recours massif à une main-d'œuvre extérieure, alors que, selon elles, les compétences locales devraient être davantage valorisées dans la réponse sanitaire.
Les prestataires soulignent en outre l'insuffisance des moyens logistiques mis à leur disposition. Pour eux, une riposte efficace ne peut être envisagée sans équipements adaptés, ressources suffisantes et soutien constant aux intervenants de première ligne.
Face à cette situation, ils demandent notamment le paiement immédiat des arrivées, la revalorisation de leurs primes, le recrutement prioritaire de personnel local, le respect des équipes de terrain ainsi que la mise à disposition des moyens indispensables à la poursuite des opérations.
Estimant avoir épuisé les voies de dialogue avec la coordination de la riposte sans obtenir de solution satisfaisante, les signataires appellent désormais le gouverneur militaire à s'impliquer personnellement. Ils souhaitent qu'une réponse concrète soit apportée à leurs revendications dans un délai de 24 heures, évitant que le renforcement des conditions de travail des équipes de première ligne soit essentiel pour préserver l'efficacité de la riposte contre Ebola en Ituri.
À l'heure de la publication de ce mémorandum, les autorités provinciales et la coordination de la riposte n'avaient pas encore de communiqué conforme à ces revendications.
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