Photo d'illustration
Une tentative de rapprochement entre le gouvernement congolais et la rébellion de la Convention pour la révolution populaire (CRP) aurait eu lieu à Kampala, en Ouganda, sans toutefois déboucher sur des avancées concrètes.
Selon des informations rapportées par RFI, les autorités ougandaises ont pris l'initiative d'organiser une première rencontre en avril dernier entre des représentants de Kinshasa et ceux du mouvement dirigé par Thomas Lubanga, ancien chef de milice condamné par la Cour pénale internationale et actuellement en exil dans la capitale ougandaise.
Au cours de cette réunion, le CRP aurait soumis plusieurs revendications aux délégués congolais, notamment le départ du gouverneur militaire de l'Ituri. Les représentants de Kinshasa seraient partis avec ces doléances, mais aucune réaction officielle ni feuille de route n'ont été rendues publiques depuis.
Cette absence de suivi alimente les interrogations sur la volonté réelle des différentes parties de poursuivre le dialogue dans une province toujours marquée par l'insécurité.
Dans un geste présenté comme un signe d'ouverture, la rébellion avait décrété un cessez-le-feu unilatéral une semaine après la rencontre de Kampala. Toutefois, face au manque d'évolution du processus de médiation, le mouvement affirme avoir saisi à de nouvelles les autorités ougandaises afin de leur signaler l'impasse des discussions.
Thomas Lubanga assure également avoir prévu une correspondance aux autorités congolaises proposant la remise de prisonniers de guerre détenus par son mouvement, sans avoir reçu de réponse jusqu'à présent.
Sur le terrain, les espoirs d'accalmie ont rapidement été contrariés. Malgré l'annonce du cessez-le-feu, au moins deux affrontements ont été signalés entre les combattants du CRP et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à la fin du mois de mai puis au début du mois de juin. Ces incidents illustrent la fragilité de toute tentative de dialogue dans une région où les tensions demeurent vives.
Alors que certains observateurs évoquent une possible mutation du mouvement armé vers une formation politique, Thomas Lubanga rejette catégoriquement cette perspective. Il affirme que le CRP ne prévoit ni dissolution ni transformation politique et que ses combattants restent « en alerte maximale ».
Selon lui, l'absence d'opérations offensives actuelles est principalement liée à la situation sanitaire préoccupante provoquée par l'épidémie d'Ebola qui sévit dans la région. Cette médiation ougandaise, encore discrète et sans calendrier précis, apparaît ainsi comme une initiative fragile dont l'avenir reste largement incertain.
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