Haut-Katanga : l'identité de deux militaires ayant tiré sur les militants de l'UNAFEC connus

Les prévenues dans la salle d'audience


Le tant attendu procès des responsables des tirs ayant conduit à la mort de 8 militants de l'Unafec s'est ouvert ce vendredi 7 avril 2023 au tribunal militaire de Lubumbashi (Haut-Katanga).

Ce tribunal a été renvoyé pour mardi 11 avril prochain l'audience dans le cadre du procès des jeunes tués au quartier Naviundu dans la même ville. Selon le tribunal, ce rapport devra permettre aux parties au procès d'amener d'autres éléments supplémentaires et l'audition d'autres témoins. Il s'agit notamment des responsables de la Croix-Rouge sur la question concernant les corps des victimes enterrées ou amenées à des morgues. 

Aussi, le tribunal entend auditionner les responsables des morgues pour se faire une idée claire sur le nombre de morts, et enfin les responsables de la jeunesse de l'UNAFEC et ceux de ces deux présumés auteurs de ce meurtre sur les ordres qu'ils ont donné, soit pour l'UNAFEC de chercher à prendre l'arme du militaire et de tirer pour vue qui des officiers et chefs directs de ces deux militaires.

Bien avant le rapport, les deux prévenus Aozora Do Santos et Mbayibu Dama ont tous nié avoir tiré sur les militants de l'UNAFEC ce jour-là.

L'un de ces deux a affirmé que son arme Ak-47 avait un problème, car dit-il : 

"elle ne pouvait pas fonctionner, une douille à l'intérieur ne permettant pas à mon arme de tirer, le chargeur contient toujours les 30 balles", explique-t-il au tribunal.

L'autre par contre, dit avoir fait face à des jeunes qui tenaient à lui ravir son arme et n'a fait que tirer une fois en l'air.

"Nous avons reçu l'appel disant qu'au niveau du pont Moïse des jeunes de l'UNAFEC qui sont entrain de créer du désordre, renversant les biens des gens. Deux motards sont venus se plaindre qu'on leur a ravi les motos et c'est comme ça que l'adjudant a dit d'aller intervenir. En arrivant sur le lieu, nous avons trouvé des jeunes avec des armes blanches, des manchettes. La consigne est donnée par les responsables des jeunes pour attraper et ravir l' arme. En se défendant, il a tiré par une balle par terre et d'autres (3) en l'air", dit-il à cette occasion.

Qui a donné l'ordre de tirer et qui est également autorisé à ces jeunes de tenter de ravir l'arme au jeune militaire ? Le tribunal sera donc fixé lors de la prochaine audience fixée pour mardi prochain.

Le 23 mars dernier, plusieurs jeunes présentés comme membres de l'UNAFEC ont été tués, selon plusieurs sources, par des commandos au pont jeté sur la rivière Naviundu dépendant de deux communes, à savoir celle de Kampemba et la commune annexe. Selon la société civile, ce sont les hommes arborant la tenue militaire qui ont ouvert le feu tuant ces jeunes, d'autres sont morts, toujours selon la société civile, par noyade en voulant se sauver.

Les élus provinciaux du front commun pour le Congo (FCC) ont demandé dernièrement des explications du gouvernement provincial par l'intervention de son ministre de l'Intérieur et de la sécurité Éric Muta Ndala qui est d'ailleurs issu du parti politique union nationale des Fédéralistes du Congo (UNAFEC). Ce procès devrait établir les responsabilités des auteurs de cet incident.

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