L’Assemblée nationale a adopté dans l’urgence vendredi un budget rectificatif à 50 691 milliards FC (17,2 milliards USD). Un chiffre en baisse de 1,7 % par rapport au budget initial, mais qui cache une réallocation stratégique : les crédits militaires bondissent, tandis que Kinshasa tente de préserver ses équilibres macroéconomiques sous pression.
"C’est un budget de survie", résume Guy Mafuta Kabongo, président de la Commission Ecofin. La raison ? L’occupation rwandaise des Kivus, qui a "saboté des unités de production, déplacé des populations et privé l’État de ressources cruciales". Résultat : les recettes internes chutent de 7,5 %, compensées par une hausse de 10,5 % des financements extérieurs (Banque mondiale, FMI).
Le ministre du Budget, Aimé Boji Sangara, assume : "Nous réduisons le train de vie de l’État, mais augmentons les dépenses pour la défense, les humanitaires et la diplomatie." Un pari risqué, alors que la pression fiscale recule à 12,5 %.
Malgré la crise, Kinshasa maintient ses priorités sociales (éducation gratuite, santé universelle) et économiques (diversification, PDL-145T). Preuve de sa "déxtérité budgétaire" selon Mafuta : le pays respecte les critères du FMI, avec un PIB attendu à +5,3 % et une inflation maîtrisée à 8,8 %.
Le texte doit être voté avant le 15 juin par les sénateurs.
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