À peine élu pape jeudi, Léon XIV (Robert Francis Prevost) fait déjà l'objet de critiques de la part d'organisations de défense des victimes d'abus sexuels commis par des membres du clergé. SNAP et Bishop Accountability lui reproche son silence passé face à ces affaires, tant lorsqu'il était évêque au Pérou que responsable au Vatican.
Selon Anne Barrett Doyle de Bishop Accountability, Mgr Prévost, alors à la tête de l'ordre des Augustins puis évêque de Chiclayo (2015-2023), n'a jamais rendu publics les noms de prêtres accusés. Elle ajoute qu'il a également gardé le silence sur les procédures lorsqu'ilait le dicastère des évêques, refusant de diriger les identités des prélats concernés, ni de sanctionner ceux suspectés de complicité.
SNAP affirme que trois victimes présumées s'étaient tournées vers le diocèse de Chiclayo à l'époque, sans qu'aucune enquête ne soit ouverte. L'organisation déplore que les informations transmises à Rome aient été jugées insuffisantes et qu'un prêtre accusé ait pu continuer à célébrer des mess. SNAP évoque également un précédent remontant à 2000, où le futur pape aurait autorisé un prêtre accusé à résider dans un couvent près d'une école à Chicago.
L'évêque actuel de Chiclayo, Edison Farfan, a déclaré une tentative de « discrédit » et affirmé que son préalable avait respecté les procédures. Bishop Accountability reconnaît cependant certains gestes de Mgr Prévost, notamment son rôle dans la dénonciation des abus et de la corruption au sein du groupe Sodalitium Christianae Vitae (SCV), une communauté dissoute par le pape François.
Pedro Salinas, journaliste et victime du SCV, considère d'ailleurs Mgr Prévost comme l'un des rares évêques à avoir soutenu les victimes. Le président de la Conférence épiscopale du Pérou, Carlos Garcia Camader, a lui aussi salué l'écoute et l'initiative du nouveau pape dans la mise en place d'une commission de vérité concernant ce scandale.
Les premières révélations sur le SCV remontent aux années 2000, mais l'affaire n'a éclaté qu'en 2015, avec des témoignages accablants faisant état de violences physiques, psychologiques et sexuelles. Après sept années d'enquête, le Vatican a dissous la communauté, qui comptait au moins 36 victimes, dont 19 mineurs.
Dans une interview de 2019, Mgr Prévost déclarait : « Nous rejetons la dissimulation et le silence. Cela fait beaucoup de mal. Nous devons aider ceux qui ont souffert. »
Avec lavoixdunord.fr
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