La carte publiée par Our World in Data, sur la base des données 2025 de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), met en lumière une évolution contrastée de la couverture forestière mondiale. Elle illustre le changement annuel net des surfaces forestières, résultat de la différence entre la reforestation (naturelle ou artificielle) et la déforestation.
À l'échelle mondiale, le constat est sans appel : si certains pays enregistrent des gains nets significatifs de surfaces forestières, d'autres continuent de perdre leurs forêts à un rythme préoccupant, traduisant une fracture écologique majeure entre régions.
Des gains forestiers concentrés en Eurasie et dans certaines économies développées
Selon la carte, la Russie et la Chine apparaissent comme les pays affichant les plus fortes augmentations nettes de surfaces forestières, avec des gains dépassant les 200 000 à 300 000 hectares par an. Ces résultats s'expliquent notamment par des politiques de reboisement à grande échelle, une régénération naturelle sur de vastes territoires et, dans certains cas, une pression agricole moindre.
D'autres régions, notamment en Europe, en Australie et dans certaines parties de l'Asie, montrent également une stabilisation ou une légère progression de leurs surfaces forestières, traduisant des politiques environnementales plus structurées ou une transition économique impliquant la pression sur les terres.
L'Amérique latine et l'Afrique centrale parmi les zones les plus touchées
À l'inverse, la carte révèle des pertes nettes importantes de forêts en Amérique du Sud, particulièrement au Brésil, où la déforestation continue d'affecter l'Amazonie, malgré les engagements internationaux. Certaines zones présentent des pertes supérieures à 200 000 hectares par an, liées à l'expansion agricole, à l'élevage et à l'exploitation illégale du bois.
En Afrique, plusieurs pays d'Afrique centrale et orientale apparaissent également en rouge ou orange, indiquant une régression notable du couvert forestier. Cette tendance est souvent associée à la pression démographique, à l'agriculture de subsistance, à l'exploitation minière et à l'insuffisance des mécanismes de protection efficaces.
La RDC, un enjeu stratégique pour le climat mondial
Dans ce contexte, la République démocratique du Congo, qui abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, se trouve au cœur des enjeux climatiques mondiaux. Bien que certaines zones montrent une relative résilience, la pression sur les forêts congolaises demeure forte, accentuée par l'insécurité, la pauvreté énergétique et l'exploitation non contrôlée des ressources naturelles.
Les experts soulignent que la préservation du bassin du Congo est essentielle non seulement pour la biodiversité, mais aussi pour la régulation du climat mondial, la séquestration du carbone et la stabilité des écosystèmes africains.
Un signal d'alerte pour les politiques climatiques
La FAO précise que ces données représentent une moyenne annuelle calculée sur des périodes de cinq à dix ans, et que les variations peuvent différer d'une année à l'autre. Néanmoins, la tendance générale met en évidence un déséquilibre persistant entre les efforts de reforestation et les dynamiques de déforestation.
Cette carte rappelle que la lutte contre le changement climatique ne peut se limiter à des engagements symboliques. Elle exige des politiques cohérentes, un financement climatique accumulé et une coopération internationale renforcée, en particulier avec les pays forestiers tropicaux.
À l'heure où la planète cherche des solutions durables, l'évolution des forêts mondiales demeure un baromètre essentiel de la crédibilité des engagements environnementaux des États.
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