États-Unis : le droit à l’avortement à nouveau devant la justice texane

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Dans cet État conservateur, toute interruption volontaire de grossesse, y compris en cas d'inceste ou de viol, est interdite, à l’exception des cas de danger de mort ou de risque de grave handicap pour la mère. Problème pour le Center for reproductive rights, une organisation de femmes et de médecins, les termes juridiques de cette réalité médicale « sont trop vagues ». « Au point que les hôpitaux et les médecins évitent de lancer les procédures dans quasiment toutes les circonstances » relate le Dallas Times. En août dernier, une juge a reconnu que les plaignantes, une vingtaine désormais, avaient été « retardées ou privées d'accès à l'avortement en raison de l'incertitude généralisée concernant la marge de manœuvre des médecins ». Un jugement sitôt contesté par le procureur de l'État et donc suspendu. C'est ce débat que la Cour suprême de l'État doit trancher ce mardi 28 novembre 2023. Amanda Zurawski, dont l'affaire porte le nom, sera dans la salle d'audience avec une vingtaine d’autres femmes. Elle a dû attendre « jusqu’à l'infection avant de pouvoir se faire avorter », raconte le Dallas Times.

Pas que des cas isolés

Sept autres femmes aux histoires aussi édifiantes se sont jointes à elle depuis l'été. Kaitlyn Kash est l'une d'elles. « Il y a deux ans, elle tenait son ventre rond à l'aéroport d’Austin lorsqu'une douleur insupportable l'a saisie », relate-t-elle au journal local The Austin American Satesman. « Deux mois plus tard, le diagnostic tombe : le fœtus est atteint d'un trouble génétique grave affectant le système osseux (...), un problème impossible à détecter avant treize semaines et qui peut couter sa vie au bébé », détaille le quotidien. Le médecin texan qui fait ce diagnostic lui conseille à elle et son mari... d'aller poursuivre la grossesse, (et donc d’avorter) ailleurs qu'au Texas. Ce que Katlyne finit par faire. « Le nombre de plaintes montre qu'il ne s'agit pas de cas isolés », estime l'avocat Nicolas Kabat dans ce journal. Le Texas n'est pas non plus le seul état concerné. Une vingtaine ont interdit l'avortement ou l'ont très fortement restreint après la décision historique de la Cour suprême des États-Unis l'an dernier, laissant aux États la liberté de légiférer sur la question. Le thème est devenu une affaire nationale et est au cœur de la campagne pour la présidentielle. Les procureurs d'une vingtaine d'États ont d'ailleurs exprimé leur intérêt pour l'affaire « Zurawski contre l'État texan », indique l'Austin American Statesman.

Manœuvres politiques ?

Au Canada voisin, une lutte oppose désormais ouvertement la première ministre de l'Alberta et Ottawa au sujet de la protection de l'environnement. La cheffe de l'exécutif de la province Danielle Smith a dégainé une arme, le « Sovereignty Act » « contre le gouvernement fédéral et son plan "Énergie propre" » indique à sa Une The Globe and Mail. Cette disposition permet aux législateurs de la province de réécrire les lois décidées au niveau fédéral. Le gouvernement de Justin Trudeau a pour ambition de rendre le réseau électrique du Canada neutre en émission carbone d'ici 2035, et le parti conservateur à la tête de la province de l’Alberta ne l'entend pas de cette oreille. « Nous envisageons de contrer cette interférence absurde et illogique dans notre réseau électrique » a taclé la femme politique en invoquant sa loi sur la souveraineté. Elle « demande ainsi au gouvernement fédéral de reculer pour établir une échéance moins hâtive », décrypte le quotidien Le Devoir. Le quotidien local Edmonton Journal précise que la résolution de la Première ministre doit encore être discutée ce mardi au parlement local. À Ottawa, on y voit une manœuvre politique des conservateurs, rapporte Le Devoir.

Une manœuvre politique, c'est aussi ce que pense la présidente du Pérou Dina Boluarte de la dernière action de la procureure générale qui a porté plainte pour homicide contre sa personne. En cause : le rôle présumé de la présidente dans la répression des manifestations l’an dernier. Mais la presse péruvienne s’attarde davantage sur les soupçons qui pèsent sur la procureure elle-même, Patricia Benavides, ainsi que son équipe. « Tremblement de terre au ministère public », titre El Comercio. El Diario Correo se fait l'écho des appels à la démission qui émane du Parquet même. La Republica en révèle les détails, notamment les échanges de SMS entre les adjoints de la procureure et au moins un membre du Congrès non identifié afin d'influencer des nominations. Par exemple, celle de la défenseure du peuple. La procureure n'a pas l'intention de démissionner. Dans son éditorial, El Comercio estime pourtant que c’est la conclusion qui s'imposerait. « On ne parle pas ici de droite ou de gauche, défend le journal, le séisme qui secoue le ministère public et dont les secousses touchent d'autres institutions, rend le maintien à son poste insoutenable », tranche le journal.

Avec RFI

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