Les tensions diplomatiques autour du conflit dans l'est de la République démocratique du Congo ont franchi un nouveau cap jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU, où les États-Unis ont accusé frontalement le Rwanda de violer l'accord de paix signé à Washington et de poursuivre son soutien militaire au M23/AFC, malgré les engagements pris.
« Les États-Unis sont extrêmement déçus au vu de la reprise des violences dans l'Est de la RDC. Depuis 2021, le Rwanda contrôle par son intermédiaire le M23 et l'AFC », a déclaré le Représentant américain, dénonçant une escalade qui contredit directement les engagements de désescalade conclus en 2024.
Washington dénonce un « reniement » du Rwanda
Selon la délégation américaine, Kigali n'a pas respecté les clauses essentielles de l'accord de Washington, qui prévoyait la fin du soutien logistique, opérationnel et financier au M23. Les États-Unis accusent le Rwanda d'avoir poursuivi des incursions, des livraisons d'armes et une coordination tactique avec la rébellion.
Ils évoquent également des preuves satellitaires et des rapports de terrain montrant des mouvements de troupes, des convois d'armement et une présence active d'instructeurs militaires rwandais dans plusieurs zones sous contrôle du M23, notamment dans le Nord-Kivu.
Appel urgent au cessez-le-feu
Face à l'aggravation de la situation marquée par une avancée rebelle rapide, des combats meurtriers et des milliers de déplacés supplémentaires les États-Unis ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, jugeant que la poursuite des opérations « menace la stabilité régionale et risque d'entraîner un embrasement plus large ».
Le représentant américain a également demandé au Rwanda de se retirer complètement du territoire congolais et d'« honorer ses engagements diplomatiques ».
Le Rwanda dément toute implication
Comme dans ses interventions précédentes, Kigali a nié toute implication directe dans le conflit, rejetant les accusations qu'il qualifie de « fabrication politique » et affirmant que le M23 « est un mouvement congolais ayant ses propres revendications ».
Le Rwanda accuse par ailleurs la RDC de soutenir ou de tolérer des groupes armés hostiles, notamment les FDLR, ce que Kinshasa conteste régulièrement.
Une pression internationale qui s'intensifie
Les accusations américaines suivent alors que plusieurs autres membres du Conseil de sécurité — dont la France, le Royaume-Uni et le Ghana — ont exprimé leur préoccupation face à l'escalade et appelé au respect des accords régionaux, notamment ceux de Luanda et de Nairobi.
Dans ce contexte, la diplomatie américaine estime que la confiance est désormais ébranlée et que le Rwanda « doit choisir entre l'engagement diplomatique et la poursuite d'un conflit prolongé ».
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