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Alors que le retrait du Rwanda de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a été perçu comme une victoire diplomatique par Kinshasa, un autre front plus discret, mais ô combien stratégique est en train de se jouer à Washington. En coulisse, le président rwandais Paul Kagame avance ses pions avec habileté, profitant des négociations pour un futur accord de paix entre la RDC et le Rwanda.
Le dernier projet d’accord, révélé par plusieurs sources, exige en première condition un retrait total et inconditionnel des forces armées rwandaises du territoire congolais. Cela inclut les équipements militaires sous leur contrôle. Une ligne rouge pour Kinshasa, qui entend faire respecter sa souveraineté.
Mais à Kigali, on reste droit dans ses bottes : le Rwanda ne reconnaît pas officiellement la présence de ses troupes en RDC. Il évoque plutôt des « mesures défensives » visant à protéger son territoire. Un désaccord qui pourrait compliquer les négotiations.
Le piège de la conditionnalité
Autre subtilité du projet : aucun accord bilatéral ne pourra être signé tant que le gouvernement congolais n’aura pas trouvé un terrain d’entente avec le M23 (désormais AFC), sous l’égide de la médiation qatarie en cours à Doha.
Ce mécanisme permet de lier les mains de Kinshasa : sans résolution de la crise du Nord-Kivu, aucune avancée ne sera possible avec Kigali. Une stratégie qui donne au Rwanda un levier important sur le tempo global du processus de paix.
Le texte évoque aussi une coopération renforcée entre les deux États pour neutraliser les FDLR, un vieux dossier sur lequel Kigali fonde une grande partie de sa narrative sécuritaire.
Le document rappelle l’accord de Luanda de 2024, censé servir de cadre à cette action conjointe.
Victoire à la CEEAC, mais partie serrée à Washington
Sur le papier, Kinshasa a remporté un point en obtenant le retrait du Rwanda de la CEEAC. Mais ce retrait pourrait bien avoir été un coup de communication permettant à Kigali de se repositionner dans un jeu diplomatique plus large.
En contrôlant étroitement les paramètres des négociations de paix, le Rwanda semble vouloir reprendre l’ascendant, notamment en exigeant que les dossiers M23 et FDLR soient traités en parallèle de la question bilatérale.
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