Dans une interview exclusive accordée à France 24 ce mercredi, Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, n’a pas mâché ses mots à l’égard de l’ancien président Joseph Kabila, qu’il accuse d’avoir compromis la démocratie congolaise et tourné le dos aux aspirations profondes du peuple.
« En 2018, ce n’est pas Tshisekedi qui a gagné… c’est Kabila qui l’a choisi. Et il ne nous a jamais dit pourquoi », a déclaré Mukwege, dénonçant une transition de façade orchestrée par l’ancien régime. Selon lui, cette passation de pouvoir n’a pas résulté du choix souverain des électeurs, mais d’un calcul politique dans les coulisses du pouvoir.
Il accuse également Joseph Kabila d’avoir gardé le silence face à l’agression rwandaise dans l’est du pays : « Kabila n’a jamais dénoncé Kagame comme agresseur », a-t-il rappelé, insinuant une complaisance lourde de conséquences face aux crimes répétés commis contre les populations civiles.
Visiblement outré par la situation actuelle du pays, Mukwege s’exclame : « Je savais que le pays était corrompu… mais pas à ce niveau ! » Une formule traçant un regret face à l’ampleur du dysfonctionnement et de la prédation systémique légués par le régime précédent.
Concernant le retour à Goma de l'ancien président Joseph Kabila, 24h après son discours critique sur le régime Tshisekedi, Denis Mukwege s'interroge sur plusieurs questions.
« Et maintenant il revient pour “sacrifier” sa vie et reprendre le pouvoir ? Il devrait plutôt demander pardon au peuple congolais ! »
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