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Une scène originale digne de la science-fiction voit le jour à Kinshasa. La mégapole d'une quinzaine de millions d'habitants, selon les dernières estimations frappée de plein fouet par la pandémie du coronavirus est confrontée au manque criant des masques de protection contre le virus comme tant d'autres équipements médicaux pour la prise en charge de ses quelques 300 cas confirmés d'après le dernier rapport du comité de riposte.

Alors que les autorités ont décidé de durcir les mesures de prévention contre la pandémie en imposant, dès ce lundi, le port obligatoire des masques, les kinois pour la plupart démunis recourent aux "marchés noirs" pour se procurer cette denrée devenue rare.

Ironie du sort, les masques utilisés sont pour une bonne partie, celles ramassées puis lavées par des désœuvrés dans des décharges publiques disséminées à travers la capitale congolaise.

Si pour les promoteurs de ce nouveau business, cela leur permet d'avoir de quoi subvenir aux besoins de leurs familles pendant ce temps de confinement, les spécialistes quant à eux préviennent que cette pratique illégale risque d'envenimer une situation déjà critique en République Démocratique du Congo.

"Le masque de type FFP a une durée de vie de 8 heures. Le masque chirurgical a une durée de vie de 3 à 4 heures. Ils sont tous deux à usage unique. Après chaque utilisation, il ne faut pas le manipuler et le jeter car il est potentiellement contaminé. Il ne faut jamais le réutiliser", se contente de rappeler un épidémiologiste kinois contacté par election-net.com en début d'après midi de ce dimanche, 18 avril qui pointe du doigt la responsabilité des autorités de la ville de Kinshasa pour trouver une solution à cette situation inédite.

Classée parmi les capitales les plus peuplées du monde, Kinshasa est surtout critiqué dans sa gestion de déchets. Avec une majorité de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, beaucoup d'observateurs redoutent la catastrophe durant cette période pandémique du fait que les mesures de prévention prises par les autorités souffrent d'application à cause des conditions précaires de la vie de kinois vivant au jour le jour.

Dans un message posté sur son compte Facebook, le ministre des Affaires Humanitaires et de la Solidarité Nationale, Steve Mbikayi a proposé la subvention, par l'État congolais, des entreprises fabricants ces masques afin de leur distribution gratuite au plus démunis.

Lors de son audience avec le premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, la présidente de la Fondation M'Zee Laurent-Desiré Kabila, Jeannette Kabila avait proposé la fabrication des masques à multi-usages en vue de permettre à la population de se les procurer. Des passages sur les antennes de la chaîne de télévision Digital Congo, Geneviève Inagosi, député national également membre de cette fondation a fait savoir que sa structure allait distribuer gratuitement ces masques aux populations qui en ont besoin.

Du côté Gouvernement, rien a été communiqué sur la manière dont on entend gérer cette question des masques, dans un pays où la plupart des structures sanitaires ont du mal à fonctionner à cause des moyens souvent limités.

Patrick Félix ABELY

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