Côte d’ivoire : Le sombre tableau de la presse ivoirienne.

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L’autorité nationale de la presse (ANP) en Côte d’Ivoire n’a pas décerné le Grand Prix d’excellence pour l’année 2021-2022, lors de sa cérémonie de distinction des meilleures entreprises de presse de Côte d’Ivoire le 21 juillet dernier. La presse ivoirienne souffre d’un marasme financier criard et la crise sanitaire de ces deux dernières années n’est pas venue arranger les choses.

La situation difficile du secteur des médias n’est plus aujourd’hui une fable pour les travailleurs du secteur. La presse ivoirienne comme partout ailleurs en Afrique souffre d’une précarité sans pareille.

L’organe de régulation de la presse écrite et numérique en Côte d’Ivoire (Anp) a organisé le 21 juillet 2022, la cérémonie du Grand Prix de la presse de Côte d’Ivoire dans un hôtel à Abidjan-Marcory. Pour le jury, ce grand Prix ne pouvait être attribué, cette année, faute de méritant, même si 7 entreprises seulement sur 117 recensés faisaient office de nominés, pour avoir respecté les critères de base en vue de postuler pour le prix.

La présidente du jury Mme Ouattara Mono Boyaga, a révélé que cette année aucune entreprise de presse ne mérite le grand Prix de la presse de Côte d’Ivoire. « Au terme de l’examen de la situation de chaque entreprise, le jury a noté que les entreprises de manière générale, sont sinistrées et ne peuvent dans ces conditions remplir entièrement les critères de sélection. (…) Dans ce climat délétère, qui peut aussi s’expliquer par la situation sanitaire qui a caractérisé la période concernée du grand Prix de la presse de Côte d’Ivoire, le jury a noté que l’excellence n’est pas au rendez-vous de cette édition. Le grand Prix de la presse de Côte d’Ivoire ne peut être donc, décerné » a-t-elle expliqué.

7 entreprises de presse seulement sur 117 sont en situation régulière.  Selon elle, sur 117 entreprises de presse que compte le répertoire de l’Autorité nationale de la presse pour l’année 2021, 35 ont pu acheminer leurs dossiers dans le cadre de la régulation économique. Sur ces 35 entreprises, après examen des dossiers, et une minutieuse enquête sur le terrain 7 ont été retenues par le jury. Donc 5 pour le presse écrite et 2 pour la presse numérique.

Ainsi, sous l’angle de la régulation économique, l’entreprise de presse recherchée est celle qui remplit entre autres son engagement patronal vis-à-vis de ses journalistes professionnels conformément à la convention collective, qui les déclare à la caisse nationale de prévoyance sociale, en payant régulièrement des charges sociales, ou en étant à jour. L’objectif recherché étant de garantir aux journalistes une retraite convenable. L’ANP est en un mot en quête d’une entreprise qui se veut citoyenne et qui n’enregistre pas des arriérés de salaire et de cotisations sociales. À cet effet, le jury a noté que la situation des entreprises dans les comptes de la Cnps ivoirienne est catastrophique, des arriérés de salaires, et une baisse drastique des ventes.

 Un sombre tableau qui a conclu à l’annulation de ce Grand prix de l’excellence médiatique. En attendant que toutes ces entreprises s’améliorent miraculeusement, rendez-vous a été pris pour l’année prochaine.

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