Comment ces petits entrepreneurs chinois font fortune à Kolwezi

Un Chef chinois dans la cuisine de l'hôtel Miranda, un hôtel appartenant à des Chinois à Kolwezi Ph. Arlette Bashizi /Bloomberg


Dans les rues poussiéreuses de Kolwezi, au cœur du cobalt congolais, une nouvelle vague d’entrepreneurs chinois tente de se faire une place sous le soleil d’Afrique.

Fuyant le ralentissement économique et la concurrence féroce en Chine, ces expatriés venus de villes industrielles comme Cangzhou ou Fujian trouvent en République démocratique du Congo une opportunité incroyable pour faire leurs affaires.

M. Li, 34 ans, en est un exemple typique. Installé à Kolwezi depuis huit ans, il dirige aujourd’hui une petite entreprise de négoce de minerais. Accompagné de son avocat congolais et protégé par un policier en uniforme contre une rémunération de 300$, il sillonne les mines artisanales pour acheter du cuivre et du cobalt qu’il revend ensuite aux grandes entreprises chinoises de la transformation.

« En Chine, la concurrence est écrasante. Ici, il est encore possible de gagner de l’argent, malgré les risques », confie-t-il en allumant une cigarette.

Le Congo, pays vaste comme l’Europe de l’Ouest, regorge de richesses naturelles mais reste miné par une corruption endémique, des infrastructures défaillantes et des conflits persistants, notamment dans l’Est. Pourtant, pour ces entrepreneurs, l’environnement local représente moins un obstacle qu’une opportunité inexploitée.

« En Chine, je n’aurais jamais eu de telles chances. Ici, je peux gérer plusieurs entreprises : un hôtel, un restaurant, un hôpital… » explique celle qui n’a jamais terminé le collège.

Même discours chez Robin Wei, 53 ans, patron d’une compagnie de bus reliant les villes minières. Trop âgé pour espérer un emploi dans les métropoles chinoises, il préfère miser sur un marché africain qu’il juge plus ouvert et moins matérialiste.

« Ici, on nous juge sur ce qu’on apporte, pas sur notre âge ou nos diplômes. »

Mais ce phénomène entrepreneurial, parfois perçu comme du capitalisme de frontière, révèle en creux les défaillances de l’État congolais. Faute d’accès au capital et d’un environnement propice, peu de Congolais parviennent à rivaliser avec ces investisseurs étrangers souvent mieux organisés et mieux connectés.

« Ce que nous faisons ici, les Congolais devraient pouvoir le faire eux-mêmes », admet M. Li. « Mais le système ne les aide pas. »

La situation alimente aussi un certain ressentiment local, d’autant que ces opérateurs chinois évoluent souvent dans un univers parallèle, entre hôtels privés, gardes armés et avocats personnels.

« On ne peut pas toujours compter sur la justice », reconnaît M. Li. « Quand il le faut, l’argent règle les problèmes. »

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