Cameroun : Paul Biya, le pouvoir sans fin ?

Paul Biya



Huit jours après la présidentielle du 12 octobre 2025, la Commission nationale de décompte des voix a rendu son verdict : Paul Biya reste aux commandes du Cameroun. À 92 ans, le chef de l'État, au pouvoir depuis 1982, a remporté 53,66 % des suffrages exprimés, selon plusieurs médias. 

Derrière lui, l'ancien ministre Issa Tchiroma Bakary se hisse à la deuxième place avec 35,19 %, tandis que Cabral Libii, leader du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), arrive troisième avec 3,41 %. Ces chiffres doivent encore être validés par le Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à proclamer les résultats définitifs.

Surnommé le « sphinx d'Etoudi », Paul Biya entame ainsi un huitième mandat consécutif, consolidant son statut de doyen des dirigeants africains en exercice. Pour ses partisans, cette nouvelle victoire témoigne de la « stabilité » et de la « sagesse » d'un homme d'État expérimenté, garant de la continuité institutionnelle.

Mais pour une large frange de la population, cette longévité politique symbolise avant tout la lassitude d'un système figé, marqué par une centralisation extrême du pouvoir, une crise socio-économique persistante, et une jeunesse en quête d'alternance.

Dans un contexte régional tendu et face à une société civile de plus en plus connectée et exigeante, cette réélection pourrait bien poser une question centrale :

jusqu'à quand le Cameroun pourra-t-il concilier stabilité et immobilisme ?

Les regards se tournent désormais vers le Conseil constitutionnel, dont la validation des résultats marquera – ou non – l'ouverture d'un nouveau chapitre du long règne de Paul Biya, qui aura bientôt dépassé plus de 43 ans à la tête du pays.

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