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Olegue, étoile montante du rap burundais, a été écroué mercredi 27 avril à la prison centrale de Bujumbura, après deux semaines de garde-à-vue. La justice reproche à ce jeune rappeur de 20 ans, qui aime casser les codes et chante cru dans une société très chrétienne et très attachée aux traditions, une vidéo jugée « blasphématoire » pour l'église catholique et contraire « aux bonnes mœurs ». Ce n'est pas la première fois qu'il est dans le collimateur des autorités.

Selon la Radio France Internationale (RFI), Olegue Baraka, plus connu sous son simple prénom Olegue, avait échappé de peu à la prison, il y a deux ans. À l'époque, il avait passé une semaine dans une cellule d'un commissariat pour son clip « Délégué Général », une chanson où il parlait crûment de prostitution et de l'usage de la drogue dans les collèges et lycées du pays.

Accusé d'être un promoteur de « mœurs dissolues », Olegue avait finalement été relâché après avoir présenté ses excuses au peuple burundais devant toute la presse.

La même source indique que c'est impossible d'y échapper cette fois, après la publication début avril d'une vidéo de promotion de son concert de Pâques. 

''On le voit grimé en prélat catholique avec, à ses côtés, une fille en costume de religieuse qui trémousse son postérieur. Olegue appelle le public à venir nombreux pour voir « de bonnes sœurs en provenance de Rome », tout en tapotant le derrière de la fille''.

La Toile s'enflamment alors. Certains parlent de blasphème, de sacrilège. D'autres y voient un geste de provocation car le très croyant président burundais, Évariste Ndayishimiye, revient tout juste de Rome où il a rencontré pour la première fois le pape François.

Le jeune rappeur est poursuivi, selon une source judiciaire, pour « outrage aux bonnes mœurs », infraction passible d'une simple amende selon le code pénal burundais. Mais l'ordre de l'enfermer serait venu d'en-haut, selon nos sources. Mercredi, un des conseillers du chef de l'État a mis en garde un internaute qui avait pris sa défense sur Twitter. « Tu devrais démissionner si tu es son porte-parole et si tu aimes tes enfants », a-t-il lancé.

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