Beni : des acteurs de la société civile outillés sur la lutte contre la désinformation par la MONUSCO

Beni : des acteurs de la société civile outillés sur la lutte contre la désinformation par la MONUSCO


« Le concept que je viens de citer (NDLR : la désinformation, la mésinformation, les rumeurs et les discours de haine,) sont source du délabrement du tissu social. La société civile étant un pilier très important dans la gouvernance, dans la gestion des conflits, elle est appelée à user de ses compétences pour faire face à toute cette population susceptible de véhiculer la désinformation, les rumeurs, la mésinformation, mais aussi les discours de haine. » 

Pepin Kavota, coordonnateur provincial de la société civile du Nord-Kivu, justifie en ces termes la pertinence de l'organisation de l'atelier de formation des formateurs au profit des dirigeants de la société civile du Grand Nord-Kivu sur la lutte contre la désinformation, la mésinformation, les rumeurs et les discours de haine, pour la promotion de la paix et la cohésion sociale.

Les réseaux sociaux, vecteur de la désinformation et des discours de haine.

C'est un truisme aujourd'hui de dire que l'avènement des réseaux sociaux a eu comme corollaire une distillation très rapide, à grande échelle et surtout à dessein, d'une catégorie d'informations dont le mais est de porter atteinte à la paix et à la cohésion sociale. Les exemples sont légion où ce genre d'informations a induit bien de personnes en erreur, et les conséquences ont été parfois graves, allant de la stigmatisation de certaines communautés à des pertes en vies humaines. 

C'est pourquoi le maire de la ville de Beni, le colonel Jacob Nyofondo, qui présidait l'ouverture de l'atelier, a tiré la sonnette d'alarme : « j'avoue que la paix et la cohésion sociale sont des piliers essentiels pour le développement de notre très chère province. Cependant, ces éléments sont constamment menacés par la propagation de fausses informations, de rumeurs et de discours de haine. Il est donc impératif que nous, acteurs et artisans de paix, prenions une position proactive et efficace pour lutter contre ces menaces. Je souhaite que cette séance soit une occasion d'examiner les causes profondes de la désinformation, des fausses informations, des rumeurs et discours de haine, ainsi que leur impact néfaste sur la promotion de la paix et de la cohésion sociale dans le Grand Nord-Kivu, notre milieu de vie. »

La société civile, partenaire de la MONUSCO dans la lutte contre la désinformation.

L'objectif de l'atelier qui va clôturer ce jeudi 24 avril, est donc de l'ancien des formateurs provenant des quatre coordinations de la société civile du Grand Nord-Kivu, soit un total de 26 personnes. À leur tournée, elles vont organiser des séances de sensibilisation au niveau des quatre entités (Butembo, Beni ville, Beni Territoire, Lubero Territoire). Ces séances seront prises en charge financièrement par la MONUSCO à travers sa Section des Affaires civiles.

Il convient de souligner que cet atelier est une mise en œuvre de la Feuille de route adoptée à l'issue d'un autre atelier qui avait réuni la MONUSCO avec les mêmes quatre coordinations de la société civile du Grand Nord, en novembre 2024. 

Pour Adam Salami Obatoki, le coordonnateur de la Section des Affaires civiles du sous-bureau de la MONUSCO à Beni, qui représentait le chef du sous-bureau, « Cet atelier tombe à point nommé parce que pendant deux jours, il s'agira de renforcer les capacités des quatre coordinations de la société civile - forces vives- et des autres coordinations de la société civile, des jeunes et des femmes sur la désinformation, la mésinformation, et les discours de haine, et soutenir leurs efforts. spécificité de sensibilisation sur cette problématique>>. 

Prendre à bras le corps la problématique des réseaux sociaux.

L'atelier de ce jour vise aussi à terme à soutenir et encourager les acteurs de la société civile dans leurs efforts de sensibilisation aux dangers du fléau nommé aujourd'hui « réseaux sociaux ». Leur mauvais usage par des personnes mal intentionnées affecte négativement les efforts soutenus autant des autorités que de la MONUSCO dans l'accomplissement de leurs missions respectives. 

Pour le maire de Beni, la lutte contre ce phénomène doit être menée sur plusieurs fronts. « C'est de cette façon que nous serons capables de mettre en place de meilleures pratiques pour sensibiliser et éduquer la population en mettant l'accent sur la nécessité de la vérification des faits et la promotion de la pensée critique. Je tiens à souligner l'importance d'explorer les différentes méthodes et outils disponibles pour détecter et lutter contre la désinformation, les fausses informations, les rumeurs et discours de haine devenus monnaie courante dans notre société et ce depuis l'avènement des réseaux sociaux. »

Espérons que cet atelier de deux jours permettra aux formateurs d'être bien armés pour armer à leur tour ceux qui iront sur le front de la lutte contre la désinformation, la mésinformation et les discours de haine

Avec la MONUSCO

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