Tout est bien qui finit bien, la star des réseaux sociaux au Bangladesh, un buffle albinos sosie de Donald Trump, va être épargnée et échapper au sacrifice de l’Aïd. Quelques heures avant qu'il ne passe au fil du couteau, le gouvernement est donc intervenu pour sauver l'animal qui fait sensation en ligne et lui ouvrir en grand la porte du zoo national.
Pour que sa coiffure reste impeccable, le taureau de 700 kg recevait un seau d'eau fraîche sur la tête, avant un efficace coup de brosse pour discipliner son épaisse mèche blonde. Rabattue entre ses longues cornes recourbées, la ressemblance était frappante, et tellement amusante que, depuis un mois, influenceurs, badauds et enfants affluaient à sa ferme en périphérie de Dacca – la capitale – dans l'espoir de le voir. Un engouement tel que, stressé par l'effervescence autour de lui, l’animal a perdu du poids, confiait son propriétaire M. Mridha qui a même été contraint de restreindre le nombre de visiteurs.
Les buffles albinos, à la fourrure blanche ou rosée en raison d'un manque de mélanine, sont extrêmement rares. Celui-ci à la crinière blonde, baptisé Donald Trump, attirait les curieux venus le photographier avant son sacrifice prévu à la fin du mois. Car, avant sa célébrité, le buffle avait déjà été vendu pour l'Aïd al-Adha où plus de 12 millions de têtes de bétail - chèvres, moutons, vaches et buffles compris - sont sacrifiées. Il y a encore quelques jours, ce propriétaire regardait avec tendresse son buffle âgé de quatre ans renifler dans un seau de fourrage en se désolant : « Je suis triste - je m'en suis occupé pendant un an, et il nous a apporté tant de notoriété. Donald Trump va me manquer, mais c'est l'esprit même de l'Aïd al-Adha : faire un sacrifice. »
Le gouvernement a ordonné de l'épargner
C’était sans compter sur cette notoriété récente, l’influence des réseaux sociaux et une intervention de la police. Le gouvernement a donc ordonné de l'épargner. « Les services de l'élevage nous ont demandé de récupérer le buffle auprès de son propriétaire, car c'est un animal rare », a expliqué l’officier en chef du commissariat de Keraniganj à Dacca.
Avec cette grâce, le propriétaire dira au revoir et non adieu à son animal fétiche dont les similitudes entre ce taureau et l'hôte de la Maison Blanche se limitent à la chevelure selon lui : « C'est un buffle d'une grande douceur. Il mange comme les autres, ne se bat pas pour la nourriture (...) et partage la même étable. » Il ajoute à l'AFP : « le seul luxe dont il bénéficie, c'est de se baigner quatre fois par jour. »
Avec RFI
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