Afghanistan : le mariage des jeunes filles dès l’âge de 9 ans légalisé

Les talibans ont légalisé le mariage des enfants, et notamment des jeunes Afghanes pubères dès l'âge de 9 ans.

En Afghanistan, le mariage des enfants vient d’être légalisé par une nouvelle loi adoptée par le gouvernement taliban. Dès l’âge de 9 ans, les filles pubères pourront ainsi être promises à un homme alors que l’âge légal était jusqu’alors fixé à 16 ans.

Après l’interdiction de se déplacer dans des parcs, d’aller à l’école après le primaire, ou encore, de participer à la vie publique de leur pays, les Afghanes subissent un nouveau revers. La publication d’un document officiel par le gouvernement taliban, intitulé « Principes de séparation des époux », supprime de facto l’âge minimum légal du mariage pour les femmes. Ainsi, le silence d’une jeune fille pubère vaut consentement au mariage – sachant que l’âge minimum de la puberté a été fixé à 9 ans par la charia.

Jusqu’à présent, l’âge légal pour se marier était de 16 ans pour les filles et de 18 ans pour les garçons, selon le Code civil afghan datant de 1977. Celles de moins de 16 ans pouvaient se marier avec l’autorisation de leur père ou d’un juge. À noter que la loi de 2009 sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes avait permis de criminaliser l’union des filles de moins de 15 ans.

Mais, avec le nouveau texte, « cette limite d’âge a été supprimée », comme le constate Horia Mosadiq, directrice du Réseau d’analyse des conflits, dans les colonnes du Times. Et celle-ci de poursuivre : « Si une fille atteint la puberté à l’âge de neuf ou dix ans, elle est considérée comme ayant l’âge légal pour se marier. » Selon des experts internationaux contactés par le quotidien britannique, cette loi légalise également le viol d’enfants.

Des institutions de protection des jeunes filles démantelées

Le texte a d’ores-et-déjà été approuvé par le guide suprême, Hibatullah Akhundzada, et publié au Journal officiel du régime, selon Amu TV, un média afghan. Seule condition pour y déroger : la reconnaissance de violences, d’incapacité mentale ou de « corruption » morale chez les tuteurs – père ou grand-père - de la jeune fille concernée. À noter toutefois qu’une dot injuste, par exemple, ne constitue pas un motif légitime de séparation.

« Même la cruauté du mari envers sa femme ne justifie pas le divorce », déplore auprès du Times Shaharzad Akbar, directrice exécutive de Rawadari, une organisation afghane de défense des droits humains. Selon les estimations de l’Unicef, l’agence des Nations Unies pour l’enfance, 28 % des Afghanes âgées de 15 à 49 ans ont été mariées avant l’âge de 18 ans.

Avant l’arrivée au pouvoir des talibans en août 2021, il existait des institutions de protection qui offraient aux jeunes filles des recours légaux pour échapper aux mariages forcés, notamment le ministère des Affaires féminines, les unités judiciaires spécialisées dans les violences faites aux femmes et les unités de police chargées de l’intervention auprès des familles. Cependant, tous ces mécanismes ont petit à petit été démantelés par les nouvelles autorités.

Avec parismatch.com

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