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Le 11 juillet 1960, soit moins de deux semaines après l’indépendance du Congo-Kinshasa (à l'époque Congo-Léopoldville), Moïse Tshombe proclame l’indépendance du Katanga avec l’appui de la puissante Union minière du Haut Katanga (UMHK) et demande l’aide militaire et logistique belge. En prenant le prétexte de la protection de ses nombreux ressortissants présents dans la province, la Belgique reconcentre des troupes au Katanga.

Un état convoité par tous

Derrière cette annonce, l’UMHK (l’actuelle Gecamines) et ses nombreuses filiales qui forment un état dans l’Etat, désireuses de conserver leurs prérogatives, décident alors de favoriser la sécession du Katanga qui est proclamée le 11 juillet 1960.

Ce même jour, Moïse Tshombé s’autoproclame président du Katanga avec l’aval tacite de la Belgique qui le soutient. Mais d’une part, l’URSS soutient le gouvernement de Lumumba à Kinshasa et d’autre part les Etats-Unis ne veulent pas d’une mainmise de la Belgique sur des ressources stratégiques.

La sécession va vivre du 15 juillet 1960 au 21 janvier 1963. Durant cette période, le Katanga avait son administration, sa monnaie, son armée, son hymne, et surtout son leader: Moïse Tshombe. Jouissant de l’appui tacite des belges, ennemis jurés de Patrice Emery Lumumba.

Le Katanga garde les noyaux techniques et les conseillers belges. Ils se mettent en bloc au service de "leur" pays d'adoption. Les jeunes qui sont nés au Congo, et plus particulièrement les jeunes katangais, s'engagent avec ferveur et conviction dans la Gendarmerie Katangaise ou la soutiennent. De partout, des hommes s'engageront sous les croisettes de la bannière katangaise contre les forces de l'ONU dépêchées sur place par le gouvernement central de Léopoldville.

Un État, non reconnu par l’ONU

L’ONU ne reconnaît pas l’Etat du Katanga et envoie des troupes suédoises sur place avant de décider d’une intervention plus énergique et d’entamer une guerre menée par des Gurkhas contre les « gendarmes katangais » composés d’anciens de la Force Publique et de mercenaires étrangers surnommés les « affreux ».

Avec l’assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961 et la création d’un gouvernement de fait dirigé par Antoine Gizenga à Stanleyville, l’ONU craint une guerre civile au Congo et passe dès lors à l’offensive en engageant une action de grande envergure pour vaincre définitivement les forces rebelles katangaises. Il faudra plus de deux ans de guerre pour que le gouvernement de Tshombé tombe, mettant fin à la sécession le 21 janvier 1963.

Une sécession toujours combattue…

Par la suite, différentes épreuves de force se déroulant au Katanga, rebaptisé Shaba par Mobutu arrivé au pouvoir en 1965, nécessiteront l’intervention de pays étrangers pour aider ce dernier et le gouvernement central zaïrois à mater les insurrections successives. Notamment lors de la deuxième guerre du Shaba qui se déroula en 1978 lorsque le Front National de Libération du Congo (FNLC), composé de séparatistes katangais soutenus par l’Angola, envahit la région, comme ce fut le cas un an auparavant lors de la première guerre du Shaba.

Au cours de la seconde invasion, les rebelles prirent la ville de Kolwezi, principal centre minier de la province, qui fut « sauvée » par les paras français et belges lors de ce tragique épisode qui causa la mort de nombreux civils congolais et européens.

La Rédaction

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